 |
|
La petite église de campagne de Cerneux, où
officia le curé Huvier, s'orne d'un magnifique aigle lutrin :
"Un aigle lutrin est un pupitre en forme
d'aigle dont les ailes sont déployées et permettant ainsi
d'y soutenir la Bible. Le terme lutrin fait référence
à un meuble sur lequel poser un livre. On les retrouve plus couramment
dans les églises et cathédrales anglicanes, mais leur
utilisation est antérieure à la Réforme et se retrouvent
également dans les églises catholiques... L'aigle est
le symbole utilisé pour représenter l'apôtre Jean,
dont les écrits témoignent le plus clairement de la lumière
et de la divinité du Christ. Dans l'art, Jean est souvent représenté
avec un aigle, qui symbolise la hauteur à laquelle il s'est élevé
dans le premier chapitre de son évangile. Traditionnellement,
chacun des quatre évangiles représente un aspect différent
de Jésus : le Messie, le serviteur, l'homme et Dieu ; chacun
des évangélistes sont représentés par des
animaux dans Apocalypse 4:7. L'Évangile de Jean, étant
celle qui concerne le plus la divinité de Jésus, est représentée
par l'aigle. Comme on le croit directement adressé à l'Église,
il a une signification particulière dans l'art chrétien.
L’aigle est également devenu l’inspiration des évangiles..."
Wikipédia
À partir de la période gothique,
le lutrin est destiné à recevoir les livres des parties
chantées des offices (les antiphonaires). Ce pupitre s'orne souvent
d'un aigle, symbole de la Résurrection, associé à
l'évangéliste Jean. Désormais plus utilisé
pour le chant grégorien, il peut toujours servir lors des messes.
Le Pélerin.com
|
|
|
Le pupitre peut avoir un seul ou deux
versants, surtout s'il est fait de fer forgé. Parfois il présente
trois ou même quatre faces dans les très grands modèles
que produira l'art des XVIIe et XVIIIe siècles, sur tout en Italie
et en Espagne. Le pupitre qui supporte le livre
n'avait d'abord qu'un but pratique. Il était donc sans ornement,
réduit parfois à une arête de bois ou de métal,
ornementée ou non, à un cadre sommaire fixé soit
à la poi trine, soit au dos de l'oiseau.
Car, dans la période gothique
surtout, - et à ce point de vue la Renaissance en continuera les
traditions, - l'aigle, oiseau de saint Jean (D'après les Pères
de l'Eglise, il symbolise la Résurrection), a l'honneur de former
le sommet du lutrin, de porter le pupitre où sera l'antiphonaire
ou de le dominer comme s'il était prêt à prendre son
vol sur les ailes de la musique. Un quatrain inscrit sur la cuve du XVIe
siècle d'une chaire à prêcher en pierre conservée
dans l'église de Saint-Romain (Côte-d'Or), supportée
par un aigle, exprime fort bien la suprématie de l'oiseau symbolique,
qui plane aux altitudes :
Sur . tous . oyseaulx . je . suis .
le . roy.
Voler . je . peux . en . si . haut . lieu.
Que . le . soleil . de . près . je . voy.
Heureux . sont . ceux . qui . verront . Dieu.
Extrait d'un article de Georges Servières
Bulletin Monumental L'ornementation des lutrins / Persée

|