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Commune
située dans la partie méridionale du canton de Nangis, dans
une plaine basse entourée de bois; territoire d'une superficie
de 1.544 hectares, borné au nord par les territoires de Fontenailles
et Nangis, à l'est par ceux de Fontains et Villeneuve les Bordes,
au sud par ceux de Laval et Coutançon, à l'ouest par ceux
d'Echouboulains et Fontenailles.
La population actuelle est de 466 habitants répartis entre le chef-lieu
de la commune et les écarts des Montils (plus peuplé que
le chef-lieu), les Farons, Frévent, La Mare à la Cane, le
Mée ou Mez, les Moulineaux et Tournebœuf.
La population a été de 260 communiants et 97 feux soit environ
500 habitants à la veille de la Révolution; 467 habitants
vers 1830, 506 vers 1840, 502 en 1877, 523 en 1879, 529 en 1886. L'altitude
est de 149 mètres au bureau de poste de Nangis. Le village est
situé au milieu d'une plaine, à 1 lieue et demie sud de
Nangis, 6 lieues et demie ouest de Provins, 3 lieues et demie nord de
Montereau, 6 lieues est de Melun, 15 lieues sud-est de Paris par différents
chemins joignant la route de Paris à Lyon par Melun ou celle de
Paris à Troyes par Brie Comte Robert.
Les 1.544 hectares sont en terres, prés et bois. On n'y trouve
aucun autre cours d'eau que le rû Guérin, qui limite en partie
à l'ouest le territoire et donna le nom jadis à une seigneurie
longtemps possédée par les seigneurs de la Chapelle Gautier.
Le territoire est traversé par plusieurs voies de communication:
au nord, le chemin de grande communication n° 12 de Fontainebleau
à Villers sur Seine, par Nangis; à l'est, le chemin de grande
communication n° 29 de Mormant à Vinneuf; au sud, la route
départementale n° 13 de Melun à Bray sur Seine; à
l'ouest, le chemin de grande communication n° 67 de Rozoy à
Montereau; du nord-est au sud-ouest, le chemin de grande communication
n° 56 de Gastins à Montereau.
La commune est utilement reliée par des chemins vicinaux aux chemins
ci-dessus. Elle était naguère située en Ile-de-France,
dans la Brie, et, aux points de vue administratif et judiciaire, faisait
partie de la généralité de Paris, du bailliage de
Melun, de l'élection et du grenier à sel de Montereau et
suivait la coutume de Melun.
Les bois qui couvrent une partie du territoire sont à l'ouest la
forêt de Villefermoy sur une faible étendue; au sud, le bois
de Putemuse, au centre le Bois de l'Ile, au nord, le bois de la Haute-
Borne et de la Chaudronnière.
Le chêne, le charme, le bouleau, le peuplier et l'aune sont les
principales essences de ces parties boisées. Elles fournissent
du bois de chauffage et l'on y fait du charbon de bois
Le terrain est froid et argileux à l'est, chaud et sablonneux à
l'ouest; l'imperméabilité du sous-sol nécessite des
drainages. Néanmoins la production en toutes sortes de céréales
est bonne, car le sol est bien cultivé, et le territoire peu morcelé.
Au point de vue industriel, on connaît en ce village la confection
de chaussures, le charronnage, la fabrication de treillages en bois. Il
y a un pressoir privé aux Moyeux, et un pressoir public aux Moulineaux.
Il y eut dans le premier tiers du siècle passé une filature
de cachemire, une petite fabrique de papier et des fabriques de vinaigre.
Elles ont dû disparaître peu avant 1838.
Les anciens noms sont La Chapelle-Arablay, Arrablay, Lablay (1560), de
Rabelais ou l'Arablay; on lit Capella de Rablay au XIV° siècle,
Capella Arablei en 1570. Le nom est définitivement orthographié
comme au cours de cette notice.
L'ancienne mesure locale de superficie est la perche de 20 pieds.
La fête du village est la Nativité de la Sainte Vierge, 8
septembre.
Le second terme du nom de La Chapelle-Rablay ou Rablais, a été
diversement écrit: Rablet dans un arrêt du Conseil d'Etat
du 9 novembre 1698 fixant les limites de la capitainerie des chasses du
roi; Darablay, Darrabloy, dans des pouillés du XVI° siècle
(latin) et de 1648 (français); Dairblay dans un acte privé
du 24 août 1309.
Un registre (XVII°e siècle) des propriétés foncières
du Collège du Cardinal Lemoine donne d’Arablay; un rôle
de 1292 édité par feu Paul Quesvers, Erablay ou de Erabloy.
On peut rapprocher le nom de deux villages de l'Yonne: Arblay, commune
de Cudot, appelé Arabletus vers 1120, Erbloi en 1236, Arbloy en
1490, Arblet en 1495; et Arblay, commune de Neuilly, Arablay en 1553;
et le nom latin du Prieuré de Notre-Dame de Roiblaye, près
Blandy, prioratus de Rableyo. Ce nom dérive sans doute du vocable
à désinence collective arableyum, forme de basse latinité
du latin arabletum, lieu où l'érable pousse bien et abondamment.
Rablais ou Rablay est un équivalent du nom de lieu Herblay (Seine
et Oise), mais, dans cette seconde forme, avec aphérèse
de l'a puis métathèse de la liquide très mobile r.
Etat ecclésiastique
La paroisse est desservie par le curé
de Fontains, comme binage, et fait partie du doyenné de Nangis,
diocèse de Meaux (depuis 1790). Elle était naguère
une cure conférée par l'archevêque de Sens, valant
au XVIII° Siècle 1.800 livres de revenu, soit environ 1.800
francs de notre monnaie et faisait partie du diocèse de Sens, archidiaconé
de Melun, doyenné de Montereau, conférence de Nangis.
Le patron est saint Bonnet ou Bon, évêque de Clermont d'Auvergne
au VII° siècle, mort à Lyon en ou vers 707. L'archevêque
de Sens, comme collateur de la cure, percevait au XIV° siècle
et encore en 1530 une taxe de 25 livres sur le revenu de la cure.
Suivant un compte des procurations payées en 1639 et 1370 au Saint
Siège par les bénéficiers du diocèse de Sens,
le curé de cette paroisse, capella de Arrableyo, était taxé
à 105 sols, soit environ 48 francs, mais il ne put payer cette
petite somme à cause de sa pauvreté et on l'exempta. Il
en fut de même dans la région pour les curés de Carrois
(taxé à 52 sols 6 deniers), Dontilly, Fontains, Gurcy le
Chatel, la prieure de Saint-Thomas de Laval aux Nonnains près Donnemarie,
les curés de Samoreau, Villeneuve-la-Cornue (Salins), Vulaines-sur-Seine,
Valence, qui devaient chacun 105 sols.
J'ai relevé le nom de quelques curés :
Mathieu Coupe, représenté par maître Pierre Taveau,
avocat au siège présidial de Melun aux séances de
rédaction de la coutume de Melun en 1560, en sa qualité
de curé de La Chapelle Lablay; Charles Bureau, prêtre, frère
de Pierre Bureau, écuyer, seigneur de La Courouge, vers 1730; Nicolas
Pailla, chapelain en l'église Saint Quiriace de Provins, qui résigna
son bénéfice curial le 17 octobre 1787 en faveur de Ponce
Péchenard né à Château Regnault le 14 septembre
1758, mais sous réserve de 1.000 livres de pension; le même
Ponce Péchenard, qu'on retrouve en fructidor an VI, comme ministre
du culte en la commune, par conséquent comme assermenté
à la Constitution civile du clergé en dépit des ordres
du Pape et de l'Evêque et contrairement à la majorité
des curés du diocèse.
Etat seigneurial
Dès avant le XIII° siècle,
les religieux de l'abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés
avaient à La Chapelle-Rablais des possessions foncières,
rurales, d'une certaine importance auxquelles étaient attachés
des droits seigneuriaux. Mais ils n'avaient pas la seigneurie du lieu
qui, avec les seigneuries de Villeneuve la Cornue (aujourd'hui Salins)
et Fontenailles en Brie, appartenait au XII° siècle à
la famille Cornu, dont le nom fut accolé à l'une des trois
terres patrimoniales. Il est probable que toutes trois provenaient à
cette illustre famille briarde d'une concession à elle faite par
un seigneur baron de Marolles sur Seine, près Montereau.
Le plus ancien membre connu de la famille Cornu comme seigneur de notre
village est Simon li Cornuz qui vers 1172 était l'un des 245 chevaliers
de la châtellenie de Provins qui étaient assujettis à
la garde du château de cette ville, comme liges (vassal) et pour
le compte de Henri I° le Libéral, comte de Champagne et de
Brie. A ce titre Simon devait trois mois de garde chaque année.
Sa femme, Isabelle ou Elisabeth Clément, fille de Robert Clément,
régent du royaume sous Philippe Auguste, était veuve avant
1201. Tous deux furent probablement enterrés dans l'église
de Salins, si les tombeaux encore visibles en ce monument ne semblent
pas d'une trop grande finesse de détails pour appartenir au commencement
du XIII° siècle; en ce cas ils seraient les tombeaux de Simon
II et de sa femme qui moururent après 1250. Isabelle resta veuve
avec cinq fils et une fille, soit Simon II, connu en 1266 et 1269; Gautier
I, devenu archevêque de Sens en 1223, mort le 20 avril 1241; Albéric
ou Aubry I, devenu évêque de Chartres en 1236, mort le 17
novembre 1243 ; Gilles ou Gilon I, devenu archevêque de Sens en
1241, mort en 1254; Robert I, devenu évêque de Nevers en
1240, mort en 1253; et Agnès, connue en 1218 et probablement mariée
à un seigneur de Grand Puits.
Gautier I eut en 1215 au sujet de biens qu'il possédait avec ses
frères à La Chapelle-Rablais, des difficultés avec
l'abbaye de Sanit Germain des Prés, lesquelles furent aplanies
promptement grâce à la renonciation par les Cornu aux droits
auxquels ils prétendaient sur la chasse, et les haies dans les
bois de l'abbaye parisienne à Arrabloy.
Simon eut neuf fils dont le troisième, Gautier II, seigneur de
La Chapelle Rablais et de Fontenailles, est connu en 1266 et mourut après
1292.
Il paraît avoir eu un fils «Simon dit le Cornuz», écuyer,
sire de Fontenailles et de La Chapelle Rablais, qui en 1310 vendit une
partie des bois de sa seigneurie à Guillaume, chantre de Milly
en Gâtinais.
Les armes des chevaliers de cette famille étaient de vair plein;
celles des archevêques de Sens de la même famille: d'argent
à la bande de gueules.
L'étendue et la consistance de la seigneurie de La Chapelle Erabloy
en 1292 sont connues grâce à un précieux rôle
des vassaux de cette seigneurie et de celle de Fontenailles, publié
naguère par mon regretté confrère et ami Paul Quesvers:
il y avait des vassaux directs et d'autres qui tenaient de ceux-ci, par
conséquent en arrière- fief de Gautier II. Guillaume de
Vernou, Guiot du Pré, passaient ainsi déclaration pour des
arrière- vassaux. Et en son château, Gautier recevait le
jour et le lendemain de saint Remy et le lendemain de Noël, les cens
et coutumes.
L'abbé de Sainte-Colombe, près Sens, touchait aussi conjointement
avec Gautier Cornu des cens, dont il prélevait 42 sols; la part
du seigneur était ensuite de 44 sols 6 deniers; et les débiteurs
au nombre d'une centaine.
Après Simon Cornu (1310), les seigneurs du lieu ne sont plus connus
pendant un assez long temps.
Le surnom de l'Archevêque donné au lieu- dit le Mée,
doit avoir comme origine la possession de ce lieu ou fief par l'un des
deux membres de la famille Cornu qui occupèrent le siège
de Sens au XIV° siècle. Plus tard la seigneurie fut divisée
et au XVI° siècle on trouve Louis Desmanchins, écuyer,
seigneur en partie de La Chapelle Darablay en 1555 et nobles hommes Robert
de Ville et le même Louis Desmanchins, prenant part cinq ans après
en qualité de seigneurs de La Chapelle à la rédaction
de la coutume de Melun (1560). Ces deux parties de la seigneurie devaient
être les fiefs des Moyeux et du Mée l'Archevêque. En
effet, les déclarations pour le ban et arrière- ban du baillage
de Melun en 1635- 1636 sont faites pour la seigneurie de La Chapelle-
Rablais par deux nobles y tenant les deux fiefs des Moyeux, appartenant
à Pierre Lefebvre Desclos; et Le Mée l'Archevêque,
appartenant, à Antoine Saive. Ce dernier fief consistait en maison
manable, grange, étable, cour, jardin avec 100 arpents de terres,
prés et bois, droit de haute, moyenne et basse justice, le tout
affermé pour la somme de 180 livres par an.
Cet Antoine Saive ne devait pas être le même que Antoine de
Sayve, qui fit son testament en 1610, mais plutôt sans doute son
fils et héritier.
Quant à Pierre Lefebvre Desclos ou mieux des Clos, il était
seigneur de la petite seigneurie des Cloz ou Clos, paroisse de Fontains,
dont l'hôtel seigneurial était pourvu d'une chapelle en 1377.
Ce logis est maintenant une bergerie.
La terre et seigneurie de Nangis dont l’histoire sera traitée
dans la notice sur la ville de Nangis, et qui fut érigée
en marquisat au mois de novembre 1612 en faveur d’ Antoine de Brichanteau,
seigneur de Beauvais-Nangis, comprenait notamment la seigneurie de La
Chapelle d'Arablay et celles, voisines, de Valjouan, Vienne, le Châtel.
L'incorporation de la seigneurie de La Chapelle fut postérieure
à l'érection en marquisat et antérieure à
la fin du XVII° siècle. Un terrier spécial était
établi pour les héritages de notre seigneurie et celui de
1723- 1740 présente des déclarations fournies notamment
par Charles Bureau, prêtre, curé du lieu; Pierre Bureau,
écuyer, seigneur de La Courouge, de Vieux Champagne et de Courtevroust,
conseiller secrétaire du roi; Gabriel Berthier, sieur de Saint-Rupt,
ancien chevau- léger de la garde du roi, demeurant à Trévois,
paroisse de Fontains; maître Thomas Camboust, curé de Chaumes
; Marguerite Madeleine Le Rahier, veuve de François des Roches-
Herpin chevalier, seigneur du Coudray de Bois- Boudran, etc. ; messire
Augustin Praguier, chevalier, sieur de Roussille, demeurant à Fontains
; Anne Jobert, veuve de maître Etienne Guérin d'Epinet, conseiller
du roi, lieutenant assesseur en l'élection de Melun; maître
Pierre Le Roy de Vallières, avocat en Parlement, propriétaire
des fermes des Petits- Montils, de Chamboulé, de La Fontaine du
Tonneau, et de La Pillotterie; messire Charles Le Rahier, chevalier, seigneur
des Tournelles et de Champotran, demeurant à Rozoy; Madeleine Bureau,
veuve de maître Jean-Louis le Semelier, conseiller du roi, payeur
des rentes sur les aides et gabelles. Le marquisat de Nangis passa, après
les Brichanteau, à la famille de Guerchy.
Parmi les plus importants propriétaires fonciers dans le territoire
de la paroisse, il faut compter, outre l'abbaye parisienne de Saint-Germain
des Prés, le collège du Cardinal Lemoine fondé à
Paris au commencement du XIV° siècle et qui achète en
1308 cent quarante arpents de bois et le 24 août 1309 une pièce
de terre à La Chapelle Dairblay. Les boursiers du collège,
car le moyen- Age connut les boursiers, qui ne sont pas d'institution
moderne, donnèrent à bail emphythéotique pour 99
ans, peu après 1548, soixante-six arpents de terre dans l'étendue
de la paroisse.
Quelques faits
II est impossible pour la presque totalité
des villages et même des villes de donner une suite historique.
Aussi doit- on se borner le plus souvent à noter quelques faits,
plus ou moins importants, dont le rapprochement avec d'autres à
glaner ultérieurement apportera peut-être des compléments
intéressants.
Une pièce de bois située sur la paroisse de La Chapelle-Rablais
(Arrablay) fut l'objet d'un procès en 1518 entre l'archevêque
de Sens et Jean et François des Ursins, de La Chapelle- Gautier.
Le 14 mars 1550, Louise Sanguin, dame de Coubron, veuve de Charles de
Louviers, seigneur du Châtel et de Nangis- en- Brie, et conseiller
au parlement, fait transaction avec Jacques Raguier, seigneur du Chatel
et de Nangis, baron de Poussay, neveu de Charles de Louviers, au sujet
de son droit de douaire sur les seigneuries du Châtel et de Nangis
et sur les 360 arpents des bois Notre-Dame, près La Chapelle- Rablais,
pour lequel douaire ils étaient en procès et elle cède
ce droit à Jacques Raguier moyennant une rente viagère de
600 livres tournois, payable à elle-même en son hôtel
à Paris.
Lors de la rédaction de la coutume de Melun en 1560, la communauté
des habitants de La Chapelle Lablay fut représentée par
Louis Bellyneau, marguillier, assisté de maître Pierre Taveau,
avocat au siège présidial de Melun. La part de contribution
du village dans la taille personnelle qui frappait le revenu considéré
dans son ensemble, était en 1677 de 1.200 livres; celle de Gastins
800 livres; de Fontains 1.290 livres; deux siècles plus tard notre
village payait une contribution foncière de 3.512 francs.
Les villageois payaient, en 1772 une imposition particulière ou
militaire étendue à toutes les paroisses de l’élection
de Provins; en outre la capitation qui était, répartie au
taux de 9 sols 2 deniers par livre de revenu. Les habitants de La Chapelle-
Rablais surent bien, au mois de mars 1793, manifester leur volonté
à l'égard du culte catholique. Ils consentirent à
la répartition, entre eux, d'une somme de 60 livres pour le loyer
de la maison occupée par leur curé, mais ils refusèrent
d'accepter la réunion de leur paroisse à une autre paroisse.
Ils demandèrent, en termes menaçants, au directoire du département
la construction d'un presbytère à leur profit. Le directoire,
en présence d'une attitude si conforme aux consciences individuelles
qu'il aurait dû respecter, ne manqua pas de rappeler la municipalité
du village au respect dû aux autorités et de l'inviter à
plus de circonspection dans ses écrits et ses mémoires.
En 1871, la commune est soumise, comme toutes celles de Seine et Marne,
de fournir le logement aux troupes allemandes, en mars, avril et mai.
Elle paya pour une somme de 4.583 fr. 91 de contributions de guerre et
réquisitions.
La paroisse de La Chapelle Rablais n'eut jamais de tabellionnage; il y
eut toutefois un huissier royal qui en 1005 était Jobert.
Instruction primaire
On peut considérer comme certain
qu'au moyen âge et sous l'ancien régime, grâce aux
habituelles fondations et aussi aux curés, l'enseignement ne fut
pas inconnu à La Chapelle-Rablais. L'absence de documents et de
renseignements en ce qui concerne cette paroisse ne permet pas de douter
d'un état de choses qui fut général quoique assez
inégal. Mais après la fin de la période révolutionnaire
qui avait fait trop de ruines pour que l'établissement d'un nouvel
ordre social n'incombât pas à un nouveau gouvernement, des
écoles furent créées de tous côtés.
C'est seulement en 1823 que les enfants de La Chapelle purent recevoir
l'instruction primaire, dans une maison particulière louée
à cet effet par la commune et située derrière l'église.
L'école occupa ensuite successivement divers locaux: une maison
sise au levant du village; un local appartenant à M. Félix,
et en 1873 un autre local pour les filles au sud du village. La maison
scolaire actuellement occupée a été construite en
1874 aux frais de la commune, au nord du village, en même temps
que la mairie.
Une autre école mixte, fut construite en 1883 dans l'important
écart des Montils, éloignés de 3 kilomètres
environ du chef-lieu de la commune. L'école spéciale des
filles installée en 1873 fut supprimée et l'école
des garçons fut transformée en école mixte.
Les maîtres d'école eurent successivement 0 fr. 60 par élève
et par mois, puis 0 fr. 75, à la charge des parents. Leur situation
fut ensuite mieux réglée par les lois de 1850,1867,1875
et 1881. Voici les noms et date d'exercice des instituteurs jusque vers
la fin du siècle passé :
Driot, 1823 octobre 1828; Mauguin, octobre 1828 mars 1841; Gasc, mars
1841 octobre 1857; Maureaux, octobre 1857 octobre 1858; Larue, octobre
1858 octobre 1865; Housset, octobre 1865 janvier 1875; Logue, janvier
1875 octobre 1876; Demoulin, octobre 1876 décembre 1881; Martin
Auguste Alexandre décembre 1881 encore en exercice.
Les institutrices furent successivement: Mlle Devullaine, septembre 1874
octobre 1876; Mme Demoulin, octobre 1876 mars 1882; Mlle Chevrier, mars
1882 mars 1884.
L'école des Montils eut pour maîtres MM Bégat, septembre
1883 juin 1885; Thierry, juin 1885… ; elle est maintenant tenue
par M. Moriot.
Ecarts
La population est répartie
entre le chef- lieu de la commune et les Montils, hameau important, plus
peuplé en 1879 que le chef-lieu (263 habitants contre 195); les
Moyeux, château, ferme et dépendances; les Moulineaux, château,
ferme et dépendances; Tourneboeuf, ferme; Frévent, hameau;
Putemuse, maison de garde; la Maison Blanche, poste de garde; Le Mée
l'Archevêque, jadis maison de campagne, aujourd'hui, maison de garde;
la Mare à la Cane, maison isolée; les Farons, maison isolée.
Le hameau des Montils avait un moulin à vent bâti en 1832
par M. Félix, alors propriétaire, et disparu vers 1840.
A cette époque, on comptait trois autres écarts habités:
la Fontaine du Tonneau, ferme détruite peu avant cette date dont
l’emplacement est planté en bois; les Petites Maisons, ferme;
les Trainelles, ferme; le Tonneau, ferme détruite aussi avant 1840.
(ce paragraphe reprend la même erreur que sa source: les essais
historiques de Michelin, 1829: le Tonneau et la Fontaine du Tonneau désignaient
le même écart)
La carte de Cassini donne au XVIII° siècle les lieux habités
suivants, dont ceux disparus sont indiqués en italique: au nord:
Petit- Rut, Travoy et le May (le Mée); à l'ouest, Fontaine
du Tonneau, Petit et Grand Monty (les Montils); au sud; les Moyeux, Petite
Ville, Tournebœuf, le Tenon, les Petites Maisons, les Farons, le
Grand et le Petit Trenel (Trainelles vers 1840), Fraivent et Puttemuse.
Au milieu du XVIII° siècle, il y avait encore les fermes de
la Pillotterie et de Chamboulé ou Chambrulé, qui, avec celles
des Petits Montils et de la Fontaine du Tonneau appartenaient en 1740
à Pierre Le Roy de Vallières, avocat au Parlement; et en
1650, un groupe de masures appelé La Ricarderie, qui dépendait
de la seigneurie de La Borde aux Montils.
La seigneurie de La Borde lès Montils, Bourguignon, La Borde Ravenel
et Tournebœuf, appartenait en 1555 à ..... de La Brière
et était en censive de messire Antoine de Louviers (ou Louvières?),
écuyer. Ce seigneur habitait en l'hôtel seigneurial de La
Borde lès Montils. La même seigneurie était en 1627
en censive de Pierre Lefebvre ou Lefebure, écuyer, sieur de La
Borde, aussi seigneur des Moyeux en 1635. La seigneurie de La Borde aux
Montils, Tournebœuf et des Moyeux appartenait en 1747 à Cyprien
de La Brière, et en 1785 à Charles de La Brière,
gentilhomme servant de Mgr le duc d'Orléans. Le fief du Mée
l’Archevêque appartenait en août 1635 à Anthoine
de Saive ou Saive, écuyer, seigneur, qui possédait aussi
le fief de Glatigny, paroisse de Fontenailles, le tout dépendant
du bailliage de Melun. Le fief du Mée appartenait, en 1686 à
Charles le Rahier, écuyer. seigneur des Bordes, et en 1721 à
sa fille Marguerite Madeleine Le Rahier, veuve de François des
Roches Herbin, chevalier, seigneur de Boisboudran et de La Charmée.
Le Mée l'Archevêque était en 1844 une maison de campagne
appartenant à M. Nicolet.
Le château des Moyeux, avec un joli parc, appartenait dès
1770 environ et en 1789 à M. de la Brière, ainsi que les
fiefs de La Borde, du Grand et du Petit Tresnel ou Trainel ; ces fiefs
jouissaient du droit de haute, moyenne et basse justice, ainsi que celui
des Montils.
Ce château appartenait vers 1840 au comte Charles de Latour Maubourg,
ainsi que la ferme des Moyeux, et celles des Trenelles et Tourneboeuf.
Il y avait au château des Moyeux une chapelle sans fondation.
La seigneurie de Putemuse fut vendue avec d'autres seigneuries voisines
en 1633 par les religieux de Sainte-Colombe lès Sens, à
François Le Rahier ou Le Rayer, écuyer, sieur de la Mothe,
demeurant aux Bordes l'Abbé, paroisse de Villeneuve le Comte, moyennant
900 livres tournois avec les seigneuries et terres des Hayes Fossés
et des Bordes l'Abbé.
La ferme de Tourneboeuf et les 35 arpents de terre et prés en dépendant
appartenaient en 1650 à demoiselle Charlotte Le Maistre, veuve
de feu noble homme Etienne Davyau, commissaire ordinaire de l’artillerie
de France, demeurant à La Chapelle- Gautier.
En 1844, la ferme de Puttemuse appartenait à M. Marceau, de Villers
Cotterets (Aisne); celle des Petites Maisons, à M. Dupont, voiturier;
celle des Farons ou Farrons, à M. Vauvert, marchand tailleur à
Paris.
Le château et la ferme des Moulineaux qui appartenaient en 1844
à M. Lesourd, maire de Guignes, sont aujourd'hui la propriété
de M. Putois, de Nangis; à ce petit domaine est adjoint un pressoir
à cidre.
Quelques noms de lieux dits du territoire de La Chapelle- Rablais ont
pu être relevés dans d'anciens documents; ce sont: Les Flatoirs,
«la Flatouere» en 1292, lieu dit alors situé dans la
paroisse de Fontenailles; le chemin de Grosbec (1292) près de cette
paroisse; le Petit Molin (1292), sans doute le Petit Moulin, moulin à
vent situé un peu au nord de Coutançon, en ruines en 1526,
reconstruit sur la même butte peu d'années après,
démoli en 1840; La Gloissière (1292), plus tard siège
de la seigneurie la Glaisière, vers Mormant, qui fut confisquée
en 1422 au nom du roi d'Angleterre sur Jean Jouvenel des Ursins et donnée
à un traître français Jean de Courcelles; Queuelevée,
la Boutousse, la Bonde, Terreachat, La Troigne, le pertuis dou Routiz,
le Pré Lambert, la Rue (1292), sans doute le Ru Guérin qui
fut plus tard une seigneurie assez importante.
Maurice LECOMTE.
Bibliographie
Michelin, Essais historiques...
sur... Seine-et-Marne, V, 1556-7.
La Chapelle Rablay (Almanach de Sens, 1789, 34-35).
Notes sur les Cornu, seigneurs de Villeneuve la Cornue, La Chapelle
Rabais et Fontenailles en Brie, par Paul Quesvers (Sens, Poulain-Rocher
1894, in-8 de 51 p., planche de sceaux; extrait du Bulletin de la Société
d'archéologie ..de Seine-et-Marne, 1894).
Archives nationales: Q. 1430 (marquisat de Nangis, 1602-1078); S. 6395,
M 145 et MM 446 (biens du collège du Cardinal Lernoine à
La Chapelle-Dairblay).
Archives départementales (Melun) : B 506, 618: E 208, 949-950,
1376; G 493, H 14,396. L. 40.
Archives municipales: GG. 1-3, trois registres d'état civil de
1752 à 1793, in-4" formant 429 feuillets.
Archives départementales de
Seine et Marne
Les éditions Amattéis ont publié le fac similé
des Almanachs des années 1862 à 1867
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