Etienne Fare Charles
Huvier/27
curé de la Chapelle Rablais 1752/1759
Un nouveau maître d'école/2


maîtres d'école et domestiques choisis hors paroisse
la maître d'école avait l'autorisation de cultiver ... arpents de terre (mais pas de moisson)
pas de trace de location auprès des biens de l'église gérés par la Fabrique aux renouvellement des baux
par contre, terres louées par le curé : 1753 08 01 bail de
prés et terre de la Chapelle Rablay
Nicolas LeBel, fermier dePutemuse, marguillier Premièrement le demy
arpent appelé le prez des Clos délivré au sieur Huvier
curé de ladite parroisse moyennant la somme de cent sols et a signé.
Plus le demy quartier assis audit lieu délivré audit sieur Huvier
moyennant la somme de cent sols et a signé. Plus les trois quartiers
de prez assis aux Marres de la Borde délivrés audit sieur Huvier
moyennant la somme de trente livres dix sols et a signé.
1757 07 13 bail des prez de la Chapelle Rablay Plus le demy arpent de prez à partager avec le fermier des Molinots situé au pré Piolot délivré à Jean Baugrand fermier demeurant au Mez Larchevêque susditte parroisse moyennant la somme de quinze livres et a signé.
baux à Jacques Gibert (frère de l'épouse de Louis Guinand)


Le 17 septembre 1752 : "NOUS soussignés sindic, marguillliers, corps et communeauté d'habitans la paroisse de la chapelle arablay dioceze de Sens assembles en grand nombre au son de la cloche en la maniere accoutumée à l'issue de la messe paroissiale apres avoir été dument avertis de l'assemblée et du motif d'icelle au prône de ladite messe paroissiale par Mre Etienne Fare Charles Huvier prêtre du dioceze de meaux curé de ladite paroisse, ledit Sr Huvier président ladite assemblée jean Sonnette s'étant présenté pour remplir les fonctions de mtr décolle clerc paroissial, tous d'un commun accord et voix unanime avons consenti et consentons que luy et ses successeurs jouissent du revenu annuele que nous avons accordé à un mtre décolle clerc paroissial par nôtre acte de delliberation d'assembléé en datte du seize juilliet de la présente annéé."

Les lacunes de cette page fort endommagée ont été comblées pour en améliorer la compréhension, à partir d'autres actes semblables, eux aussi tirés des notes du curé Huvier dans le registre paroissial de la Chapelle Rablais; le recueil authentique des actes d'assemblées de la paroisse de la Chapelle Rablais n'ayant pas été conservé. Registre paroissial en mairie.
Le curé Huvier précisa: "jean
Sonnette de Coulomiers en Brie" d'où était aussi
originaire le curé.
On peut remonter la piste du candidat à partir du mariage dans la
Marne en 1757 de Marin, cordonnier, fils de Jean Sonnette, maître
d'école résidant à Coulommiers, et de feue Marie Baleu.
Il n'avait pas fait le déplacement d'une soixantaine de kilomètres,
mais donné son autorisation écrite. Jean Sonnette se remaria
moins d'un mois après son entrevue à la Chapelle Rablais.
Mariage de Marin Sonnette AD 51 2 E 454/3 p 53
Premier mariage de J. Sonnette 4 février 1720 AD77 Coulommiers 5
Mi 2255
Second mariage de J. Sonnette AD77 Coulommierz 5 Mi 2261 p 146
L'encre diluée rend l'acte de remariage du 12 octobre 1752 est peu lisible. On reconnaît cependant que Jean Sonnette était alors âgé de plus de cinquante ans, qu'il était bien veuf de Marie Baleu, qu'il épousait Françoise de la Bussière, veuve de Jacques Raoul, et qu'il résidait à Coulommiers. Sur cet acte, le clerc avait noté qu'il était maître d'école, sans en préciser la localisation; il n'employa pas la formule courante "maître d'école à...", car les clercs, souvent maîtres d'école eux-mêmes, n'hésitaient pas à honorer leurs collègues. On peut donc supposer que le maître d'école n'avait pas d'affectation, en cet automne 1752 et qu'il avait répondu à la proposition des paroissiens de la Chapelle Rablais.
"En consequence dudit acte jean Sonnette de Coulomiers en Brie sest présenté et à été reçeu par acte dont sensuit la teneur; mais il n'a pas exercé les fonctions, n'ayant pu se déterminer à résider dans un lieu si éloigné de sa patrie..." ajouta le curé Huvier. Ce ne fut pas la seule raison du refus de maître de Coulommiers, car le curé complèta : "ayant été insulté avec brutalité par un nommé Nicolas Légé charretier de profession qui aspiroit à remplir la place et qui pour une infinité (groose lacune) ..oit pas capable"

Où l'on retrouve Nicolas Légé, maître des petites
écoles et clerc paroissial au temps du curé Bureau, méprisé
et renvoyé par Etienne Huvier : "Les
habitans de cette paroisse qui depuis un temps très considérable
étoient privés d'education faute d'avoir maître d'ecolles"
"y avoit point de mtre décolle depuis plus de .. ans"
Ce que ledit Légé ne semblait pas avoir digéré
! Nicolas Légé, charretier en septembre 1752, n'était
plus qualifié que manouvrier en octobre quand Etienne Huvier baptisa
son fils Jean Nicolas.
8 octobre 1752 AD77 5 Mi 2828

Jean Sonnette était domicilié à Coulommiers, ville de naissance du curé, on ne sait pas quelles furent leurs relations avant que le nouveau curé de la Chapelle Rablais essaie de recruter le maître d'école dans sa nouvelle paroisse. Par contre, il est certain qu'Etienne Huvier et Louis Guinand se connaissaient bien. Leurs deux signatures figurent, le 23 novembre 1750, en bas de l'acte de mariage de Catherine Allaix avec Nicolas Guinand, manouvrier aux Morils, paroisse de Marolles, "seindic de cette paroisse" en 1752, et cependant incapable d'écrire et de signer.


Loüis Guinand (ne pas oublier le tréma) était fils de Loüis Guinand, décédé en 1740 à l'âge de trente sept ans, aubergiste à Marolles. Les "cabarets" ne manquaient pas dans ce petit village, pas plus qu'à la Chapelle Rablais comme on le verra plus loin. Cette carte postale ancienne en montre deux côte à côte, l'un d'eux (ou un autre encore) aurait-il été l'auberge des Guinand? Son épouse, Catherine Françoise Gobinot reprit l'auberge avec son nouvel époux. Louis fils ne pouvait succéder à son père, il choisit l'enseignement, ayant, espérons-le, profité des leçons du maître Loüis Pilliot.