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Etienne Fare Charles
Huvier/16 |
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De tous les paroissiens de Marolles en Brie (77), le plus proche du vicaire
Huvier fut certainement Louis Pilliot, 1720/1786, greffier de la prévôté
de Marolles, maître d'école et clerc paroissial. |
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... Une mention de la nomination de Louis Pilliot I comme greffier de la prévôté de Marolles ne figure pas dans les journaux conservés, mais avait été relevée par l'instituteur pour sa monographie en 1889; il eut accès à ce document qui n'a pas été conservé : "Nous soussigné, Nous seigneur de Marolles et du Bois-Saint-Martin, l’exercice du Greffe de nos Justices de Marolles et du Bois-St-Martin estant vacante par le délaissement de Jacques Barbier sy devant nostre greffier, nous avons pourvu et nommé la personne de Louis Pilliot maistre d’écolle demeurant au dit lieu. Mandons à nostre prévost des dites justices qu’après les soumissions faite il recoive et admette audit exercisce et fonctions. Et à notre procureur fiscal de consentir. Donné en nostre chasteau dudit Marolles ce dix septième avril mil sept cent quinze. Signé : de Marolles." Monographie de l'instituteur de Marolles en 1889 AD77 30 Z 372 On a la preuve que son prédécesseur,
Cendrier, tenait lui aussi un journal des événements de sa paroisse,
distinct des registres dans lesquels le vicaire Huvier avait vainement cherché
trace d'un baptême : Louis II fut maître d'école dès 1736 comme l'atteste son "Livre journail de Louis Pilliot ... a commancer du 25 novembre 1736 que je eté reçû Maitre d'Ecole après le deces de feu Louis Pilliot mon cher pere qui a eté aussy Maitre d'Ecolle et greffier dudit Marolles le tems de trente cinq ans. Ce livres fait le trente octobre 1767". Le journal transmis par la famille aux Archives départementales ne commence qu'en 1767, soit trente et un ans après sa prise de fonction. Il est fort probable qu'il avait tenu un premier livre de raison avant celui-ci, ou poursuivi celui de son père, puisque ce fut le cas pour les journaux conservés... Deux journaux, près de cinq
cents pages (quelques unes étant restées vierges) sont une mine
de renseignements, tant sur les événements familiaux chez les
Pilliot, leur profession (mieux vaudrait dire : leurs professions, comme on
verra plus loin), leurs ressources, mais aussi sur la vie d'un village pendant
plus d'un siècle.
Au fil des années, des ajouts
aux encres diverses, des ratures firent perdre aux journaux leur belle
ordonnance. Leurs marges servirent de brouillons pour des calculs, des
essais de copie ou de signature, n'y manqueraient que des dessins (on
n'en trouve qu'un seul, un plan relatif à la fonte des cloches,
voir le lien ci-dessous.)
On trouve aussi d'autres rédacteurs
dans les journaux, et ce, jusqu'en 1913. Les traces plus touchantes sont
celles de la petite Aspasie, fille de Louis Pierre, qui mit son grain
de sel dans quelques pages, comme sur celle où, entre des essais
de D majuscule et les dates où les vaches ont été
menées au taureau "nous avons
mener notre vache blanche au robin (taureau en patois briard) le 22 juillet
1795 an 3e" Aspasie, 11 ans, glissa
"fait par moi louise aspasie pilliot
1828" On découvre aussi ses
essais de signature dans un document fort particulier, un acte de 1723,
"renouvellement au plus offrant du
bail judiciaire de la seigneurie de Molinon"
AD77 279 J 3
Aspasie, comme son frère Louis François Silvain, choisit aussi d'enseigner (plus d'une quinzaine de Pilliot ou apparentés furent enseignants). Le frère fut maître d'école, pour les enfants de Bezalles et Boisdon, Aspasie devint, très brièvement, directrice d'une "maison d'éducation de demoiselles, à Paris rue Poissonnière n°9" avant que la maladie ne l'oblige à revenir à Marolles où elle décéda, n'ayant pas encore trente ans. Ce fut aussi le triste sort de quatre enfants sur les sept de Louis Pierre : Louis François Silvain, le maître d'école de Bezalles, à 24 ans, Charles Edmond, garçon épicier à Paris à l'âge de 22 ans et Perrine Adèle, couturière à Marolles et au château, à 22 ans. Ce sera peut être relaté plus loin, car cela nous éloigne un peu trop de l'époque où Etienne Fare Charles Huvier était vicaire de cette petite paroisse.
Il convient d'être prudent en lisant
les notes des journaux Pilliot, dans les originaux, comme dans la transcription
ultérieure d'extraits par l'instituteur pour sa monographie en 1889,
qui n'est pas exempte d'approximations, même s'il fit figurer plusieurs
fois la mention "copie littéralement conforme". Concernant
la nomination de Louis Pilliot III, il nota "L’an 1785, le dimanche
6 novembre moi Pilliot J…, j’ai été reçu
maistre d’école à la place de mon père décédé.
J’ai été percepteur, maire puis adjoint de Monsieur de
Marolles pendant le temps de 41 ans." AD77
30 Z 251 p 24
Louis I : "L'an
mil sept cent-un, Louis Pilliot, a été reçu maître
d'école de la commune de Marolles, le temps de trente cinq ans,
époux de Margueritte Béguin sa femme, ledit Louis Pilliot
a été maître d'école, et greffier de la commune
de Marolles, depuis mil sept cent un jusqu'à mil sept cent trente
six." ...
Des Pilliot se sont succédé
à l'école de Marolles depuis le règne de Louis XIV jusqu'à
celui de Louis Philippe, sans interruption à part peut-être une
année entre le décès de Louis III en 1827 et la prise
de fonction en 1828 de Louis Pierre, gendre et neveu. On ne pouvait continuer a enseigner
les petits paysans à l'époque de Louis Philippe, comme à
celle de Louis XIV. Les parents et les édiles, plus nombreux à
savoir lire et écrire, ont perçu les limites de la science
de Louis Pierre. Il n'est qu'à comparer deux recettes pour couper
la fièvre figurant dans ces journaux; l'original proposait de mêler
"une demi bouteille de vin blanc vieux,
plus cinq gros de quinquina, plus cinq gros de mielle de narbonne, plus
cinq gros de sirop d'escapilaire",
ce que Louis Pierre transcrivit en "kinquinat,
mielle de Barbonne et sirot de capulaire... Le tout étant affusé
ensemble prendre cette décotion par ver un heure avant que la fièvre
ne vous prenne on s'en trouve soulagé de suite." |
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Les Pilliot n'étaient formés que par leurs pères, ce qui pourrait expliquer quelques lacunes en orthographe dans leurs journaux, dès les pages de garde pourtant bien calligraphiées : "Livre journail de Louis Pilliot... a commancer du 25 novembre 1736 que je eté reçû Maitre d'Ecole" "Livres journale appartien a louis Pilliot Maitre d'Ecolle a marolles fait en 1785"; et en calcul, dans le premier document ci-dessus, était-il nécessaire de poser la soustraction 1782-1772 pour savoir que dix années les séparaient ou que 15 fois 10 faisaient 150? |
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Comme pour le curé Huvier qui n'a laissé aucune trace de sa pratique religieuse quotidienne, les "Louis Pilliot" sur plus d'un siècle, ne laissèrent pas d'autres témoignages des pratiques au sein de leur école que deux petites notes : l'une concernant l'usage des "testaments pour être distribués au élèves de l'école de Marolles" , l'autre, une recette pour faire de l'encre : "Notice pour faire de l'ancre : 1er nois de gal 1 once, 2e Gaume arabite pour 6 sols, 3e Couperose 1 carteron , 4e Scucre candi 1 carteron, 5e bois d'inde pour 1 sols, 6e alin pour un sol, 7e vinaigre une demi bouteille. Tous ceci senploye dans deux bouteilles d'eau" AD77 279 J 2 L'instituteur de 1889, dans sa monographie n'est pas tendre avec ses prédécesseurs : "Cet enseignement à mi-temps ne pouvait guère donner de résultats appréciables et les jeunes gens de l'époque s'estimaient heureux lors du recrutement de pouvoir employer les loisirs sans profit de la garnison à la fréquentation de l'école régimentaire où ils recommençaient avec plaisir leurs premières leçons... Les progrès, et cela est attesté par le maître de l'époque, étaient presque nuls à Marolles." A Chevru, village proche, en 1837: "l'école était fréquentée en hiver par 39 garçons et 28 filles, âgés de 4 à 14 ans. 8 garçons et 6 filles seulement écrivaient; aucun ne savait faire la division." Monographie
de l'intituteur de Marolles en Brie AD77 30 Z 251
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Aspasie acquit en 1845 une "maison
d'éducation de demoiselles"
à Paris, 9 rue Poissonnière, non loin de la porte Saint
Denis, proche de son frère Edmond qui était épicier-confiseur
au 96 rue de Cléri et de l'église Notre Dame de Bonne
Nouvelle, rue de la Lune, dont le curé assurait le catéchisme
(ci-contre, sur le plan de Turgot 1734/1789) |
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