Passez la souris sur les |
Etienne Fare Charles
Huvier/17 |
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Bien des choses avaient changé entre
l'école de Louis Pilliot, premier de la dynastie en 1701 et celle de
Louis-Pierre Pilliot en 1741. Le premier dépendait de la paroisse;
il en était clerc en même temps que maître d'école;
le second, de la mairie, dont il était aussi secrétaire. Leur
rétribution fut très variable au fil des décennies comme
nous le verrons plus loin. Le nombre d'élèves n'était pas comparable; une grosse poignée au XVIII° siècle, une très forte cohorte au XIX°. Les premiers "Louis Pilliot" ont dû faire classe dans leur propre logement; Louis Pierre ne disposait pas d'une véritable école, mais d'un "petit batiment où je fais l'école". |
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Après Marolles, Etienne Fare
Charles Huvier devint curé de la Chapelle Rablais le 12 juin 1752.
Un mois après, il réunit les paroissiens pour définir
les conditions d'embauche d'un maître des petites écoles qui
"sera tenu 1° de faire l'ecolle aux enfans |
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A Marolles, l'année scolaire était singulièrement plus courte; les travaux agricoles prenant le pas sur la durée de l'enseignement. Au XIX° siècle, Louis Pierre Pilliot étant payé par les parents d'élèves, nota les mois de présence et les sommes perçues. C'est ainsi qu'en 1832, les premiers élèves ne se présentèrent qu'à partir du cinq novembre, puis petit à petit, pendant les mois de novembre et décembre, quelques uns n'arrivant même qu'en janvier et février. Louis Pierre ne fit que cinq colonnes pour les paiements car les cours ne ne prolongeaient pas au delà du 5° mois. On notera aussi les sommes demandées, dépendant du niveau : lecture, écriture, calcul... Pendant les premières années de la Révolution, Louis Pilliot III nota les noms des élèves et leurs dates d'entrée à l'école, en 1790 : "Les deux Duval et la boudeville avons commancer le dix huitte novembre avenir alEcolle. Le dix neuf novembre la petite meuniere. Le vingt deux la petite duval a commancer avenir alEcolle. Le lundit vingt neuf novembre le petit bony et le petit la Caute avons commancer avenir alEcolle. Le premier decembre louis bellot a commancer avenir alecolle". AD77 279 J 2 |
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En novembre et en mars, après les semailles, les enfants devaient “garder les corbeaux”, avec des crécelles ou des tic-toc-maillets, chargés d' effrayer les oiseaux picoreurs. Les cahiers d'appel de l'école de la Chapelle Rablais des années 1910 montrent encore la désertion des élèves à l'automne : "garde les corbeaux, travaille dans les champs, ramasse des pommes..." Louis Pilliot III ne recevait pas son traitement par mensualités des parents, il ne prit donc pas soin de détailler les paiements par mois, ni de noter la fin des cours, à l'inverse de son neveu et gendre qui précisa :
Quelques actes laissent à penser
que l'année scolaire fut plus longue pour les maîtres du
XVIII° siècle. Qu'en était-il vraiment ? En 1714, le
maître d'école Landrin atteste avoir reçu 36 livres
pour avoir "desservy pendant neufs mois"
: "Jay soubsigné Loüis Landrin cy devant maitre d'école
de marolle confesse avoir receu de Charles Bruneau marguillier en charge
de l'église et fabrique dudit marolle la somme de trente six livres
dix sols pour avoir desservy pendant neufs mois ou environ audit marolle."
AD77 373 G 1 S'agissait-il d'une dette
très ancienne, car le maître d'école de Marolles était,
depuis 1701, Louis Pilliot, premier du nom, s'il faut en croire les journaux
de ses descendants.
"Des arrangements convenables" avec les habitants : si le curé était le plus souvent à l'origine du recrutement des maîtres, ce n'est pas lui qui se chargeait de leur salaire, mais l'assemblée des habitants qui décidait d'une contribution commune, donnant lieu, le plus souvent, à un acte notarié. On trouve autant de ces "arrangements convenables" pris par les paroissiens que de paroisses; et, au fil des années, le statut d'un maître d'école pouvait sensiblement varier suivant son appréciation par les parents d'élèves, les notables et aussi le curé. L'instituteur de 1889, dans la monographie qui lui avait été demandée pour le centenaire de la Révolution, n'a pas trouvé d'acte passé entre les paroissiens et Marolles et leurs maîtres. Il est allé en chercher un concernant les maîtres de V.L.B. qu'on reconnaîtra sans mal comme Villeneuve les Bordes (comme pour les extraits d'actes à la page précédente, la "copie littéralement conforme" manquait un peu d'exactitude, car, en 1790, Villeneuve les Bordes était encore nommé Villeneuve le Comte). Voici ce qui était demandé au maître
d'école à cette époque, la fonction de clerc paroissial
semblant l'emporter sur celle d'enseignant: |
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A la Chapelle Rablais, en 1752, le maître était tenu : 1° de faire l'ecolle aux enfans 2° d'être assidu à tous les offices des
dimanches et fêtes, chanter lesdits offices et les obits hauts,
de se présenter les jours ouvrables pour sonner et répondre
les messes, d'accompagner Mr le Curé ... dans l'administration
des sacremens et visitte des malades |
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A Cerneux, en 1785, le successeur du curé
Huvier présida à l'engagement d'un nouveau maître
d'école. Il semblerait que, plus que ses qualités de pédagogue,
celles de chanteur furent mises en avant, comme le signalait l'instituteur
de Marolles dans sa monographie : A Cerneux, en 1785 : |
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... D'assister Mr le Curé ou autres prêtres
par lui désignés dans l'administration des sacremens, visite
des malades et autres fonctions. |
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" ... Ils seront fort soumis à Messieurs leurs Curez & Vicaires... Les maitres les aideront dans les Offices de l'Eglise & fonctions de ministère, & nottamment ils les assisteront dans l'Administration des Sacremens de Saint Viatique & Extreme-Onction; soit de jour, soit de nuit.. Ils commenceront leur Leçon par la Prière, & la finiront de même... Ils feront le Catéchisme deux fois la semaine dans leur Ecole... Ils conduiront eux-mêmes les Enfans tous les jours à la Messe... Nous désirons qu'ils les conduisent de même, s'il est possible, les Jours de Feste & Dimanche, tant à la Messe qu'à Vêpres... Tous auront soin de se présenter à Nous, tous les ans, depuis le premier Janvier jusqu'au premier Dimanche de Carême, pour faire renouveller leur Approbation, ce que Nous leur accorderons seulement, sur les témoignages avantageux qu'ils nous produiront de Messieur leurs Curez..." Bon nombre de ces articles des Réglements et statuts des maîtres d'école de Provins, cités par le chanoine Veissière, montrent la sujétion des maîtres d'école à l'Eglise. Actes du 95° congrès national des sociétés savantes 1974 |
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En plus d'assurer l'enseignement, quelles furent les tâches des Louis Pilliot, sous l'ancien régime? Comme l'instituteur de 1889, je n'ai pas trouvé de contrat, il faut donc piocher dans les archives pour essayer de les découvrir. Il semblerait qu'ils aient échappé
à l'entretien de l'église, comme c'était exigé
à la Chapelle Rablais "de
ballayer l'église au moins deux fois le mois et les veilles des
grande fêtes" puisqu'en 1757,
un reçu prouve l'existence d'un bedeau : "Moy
Denis Allaix bedeau de la paroisse de Marolles reconnois avoir reçû
de Pierre Perrot au nom et comme marguillier en charge de l'église
et fabrique de Marolles la somme de six livres pour une année
et pareille somme quil lui est deu pour servir l'église laditte
année eschüe à Paque 1757 dont je le quitte pour
laditte année." Denis Allaix
père 1686/1763 était manouvrier et occupa les fonctions
de bedeau pendant un demi-siècle. Que l'on n'imagine pas l'un de ces dodus appariteurs,
chargés de maintenir l'ordre au cours des offices et d'accompagner
les membres du clergé dans les cérémonies; plutôt
un sacristain; quelle nécessité d'un vrai bedeau pour
une petite paroisse comme Marolles, 290 habitants en 1793, environ 190
communiants ? |
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Grand-père, père et fils furent
tous clercs paroissiaux. Une note les qualifie de "porte chappe"
(chape), chargés d'assister le prêtre au cours des cérémonies.
(A la Chapelle Rablais, en 1758, c'est un fermier, Pierre Bordier qui
fut qualifié de porte chappe du curé Huvier, et non le
maître d'école et clerc paroissial.) Louis Pilliot III n'avait pas tardé à assurer ses fonctions de clerc, assitant du curé : "Le dimanche six novembre 1785 Louis Pilliot mon fils a été reçû maitre d'écolle en ma place ou je été quarante huit ans onze mois onze jours mtre d'écolle ayant été recu le 25 novembre 1736. Le 7 novembre 1785 inhumation de Jean Marchand faite par mon fils qui est son premier enterrement."
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