page d'accueil

Maladies et remèdes
des enfants de Louis Pierre Pilliot,
maître d'école à Marolles-en-Brie 77

Après le décès de son épouse, âgée de 40 ans, Louis Pierre Pilliot, ancien sabotier et maître d'école à Marolles en Brie 77, perdit quatre de ses sept enfants, jeunes adultes, entre 1844 et 1849. Dans le journal commencé par son ancêtre, il relata les épisodes de leurs maladies et les soins qui leur furent prodigués.

 


Dossier : les Pilliot une lignée de maîtres d'école

 

 

1832 Choléra
Une page et demie sur le progression du choléra en France et le nombre de victimes : 21.071 malades en Seine et Marne, 6.915 morts. Département de la Seine, Paris : 20.950 morts; France : 200.675 morts.

1832 : Marie Louise Crésance Bellot, veuve de François Gabriel Masson est décédée à Forest, alors hameau de Choisy à 51 ans, le 15 juin 1832, pendant l'épidémie de choléra. En famille avec la mère de Louis Pierre, Marie Alexis Perrine Bellot, épouse de Pierre Denis Pilliot.

Doc : le choléra de 1832 à la Chapelle Rablais

Juillet 1834 Visites de médecins pour Perrine Pilliot
Le 17 juillet 1834 M. Desportes à fourny à ma femme une posion calmente, une visite et un sirot.
Du 19 juillet 1834 une visite et une médecine
Du 23 juillet id. une visite et des fiolle et un sirot
Du 28 juillet id. une visite et une fiolle pour gargariser
Du 29 juillet, une visite
Du 30 juillet, une visite et un sirot
Du 31 juillet, une visite, une fiolle pour gargariser la gorge
Du 18 tout une medecine pour moi

François Desportes, chirurgien accoucheur à Choisy en Brie

Perrine décéda six mois plus tard, le 24 décembre 1834

1844 Denis Pilliot, père de Louis Pierre aveugle
"Il a pris son grand père (Papa Pilliot) par le bras parce qu'il était aveugle". Voir sa signature au mariage d'Euphrasie en janvier de la même année.

Maladie de Louis François Sylvain décédé le 4 août 1844
Le père assura la classe le samedi de Pâques pendant que son fils allait à Provins, commander une demi-pièce de vin pour 50 francs, le médecin lui recommandait le vin et la viande. Intérim aussi huit jours après Pâques. Autre médication : "des rafraîchissemens, tel que de la tysanne en orge, des lavemens, des bains de siège et des cataplaces en farine de lin". "Ce n'est pas des vents de barrés que tu as.. tu as autre chose qui te ronge." Autre médecin de Chenoise: "c'est une inflammation d'atestins... on vous possera dix sensus à l'anus, vous boirez de la tisane en orge perlée, puis vous mettre dans les bains de siège et des cataplaces bien chaux sur le ventre, prendre des lavemens avec de l'eau de guimauve." Autre médecin, M. Ovigne, même traitement. Autre médecin, M. Dufour à Coulommiers, nouveau traitement : "dans une soupière un morceau de mie de pain, un morceau de sucre, de l'eau danum, une poudre blanche, puis on faisait boullyre de l'eau que l'on versait dans la soupière ce qui faisait une décaution blanche pour lui boire, puis mettre de l'eau danum sur les cataplace et dans les lavemens, tout cela était pour lui arrêter la diarée." "Il a été sept à huit fois dans le jardin pour faire ses besoins" "Des lavemens avec de l'eau de guimauve, de l'eau danum et de la midon" "Le pauvre enfant était devenu maigre, aussi maigre qu'il n'avait plus que la peau collée sur les os, lui qui était toujours ci gras" Idem : "du vin de Bordeaux pour lui soutenir la poitrine, de la gelée de corne de cerf, de la tisanne avec de la racine de grande consoude mêlé avec du sirot de plus fin de la farmacie, plus de l'écosse de sonaroba pour faire deux lavemens pour lui arrêter la courante." Apparition de boutons sur la langue, bouche, lèvres "c'était l'échoflure..." ordonnance: miel rosa pour se purger la bouche, puis se gargariser la gorge avec de l'eau de guimauve mêlé avec du let, de l'eau danum.." "Il était bien fatigué et avait le vent très court, son coeur battait très vite. Dans la nuit une sueur froide le prie..." "Ce cher enfant s'apperçu que sa vue s'éteignait" Décédé le 4 août 1844

Octobre 1844 à 1846 Sommes payées après le décès de son fils
279 J 1
Etat des reçu que j'ai payé pour mon fils Louis François Silvain Pilliot de son vivant instituteur à Bezalle (Bezalles)
Le 22 avril 1846 avoir payé à M. Dufour médecin à Coulommier pour trois visite et consultations 30

Maladie de Charles Edmond Pilliot décédé le 23 janvier 1847
"Mon fils Charles Edmond Pilliot, qui était commis épicier a Paris depuis cinq ans, est attin d'une maladie de poitrine revient chez nous sur la fin d'aout 1846 meure le 23 janvier 1847". Toussait (a fabriqué du sucre de pomme pour atténuer sa toux), maigrissait, s'affaiblissait. Pas d'autre description de symptomes.

 

 

Maladie d'Aspasie décédée le 26 juillet 1846
En juillet 1844, commence à souffrir de douleurs dans le cou "il fallait qu'elle tourna son corps tout d'une pièce". Septembre 1845 : malade, douleurs dans le cou, ne peut aller à pied de Marolles à Coulommiers. Traitement d'une grosseur comme un oeuf par 15 "sensus" qui la firent disparaître mais fatigua Aspasie. La grosseur perce le 7 avril; cependant, douleurs, cris, en se couchant et se levant. D'autres plaies qui percent "on y aurait couché le doigt... qui faisait une plaie considérable sur son pauvre coue, un trou très profond touchait au cercle de son coue et décendait dans son estomac d'où il sortait une si grande quantité d'humeur que tout les linges qu'on mettaient dessus se trouvaient trempé et sa coulait dans son estomac et dans son dos étant couchée imbibait sa chemise. La pauvre enfant ne pouvait pas ouvrir la bouche, ses dents se trouvaient apuyées l'une sur l'autre..."

Maladie de Perrine Adèle décédée le 16 novembre 1849
"Ma fille Perrine Adelle Pilliot, qui était lingère qui se portait toujours très bien avec une figure charmante, tombe poitrinaire meure le vendredi seize novembre 1849 a l'âge de 22 ans et neuf mois 19 jours."
... Louis Pierre alla chez le docteur Ovigne pour mettre en pratique l'ordonnance: "Bronchite
.. chaque matin l'infusion de tussilage blanchie avec du lait et sucrée
.. une heure avant le repas un bol composé d'un gramme d'extrait mou de quinquina, d'un centigramme d'extrait thifaïque
.. un cotaire avec la pâte de Vienne au dessous de l'aisselle droite, un autre dans quinze jours à la même place du côté gauche.
Mademoiselle vivra de potages gras et maigre d'oeufs frais, et de quelques autre aliments légés qui n'entretiennent pas le dévoiement."
"elle a beaucoup souffert en lui établissant des deux petits cotaires ... brûlait la chair et faisait une plaie de suite".
Au mois d'août, voit le docteur Dufour à Coulommiers à cause de la fièvre "dont elle tremblait fort". Madame de Guise qui passait au château lui "ordonner de prendre des colimassons en lui disant qu'elle avait vu une personne attaquée de la poitrine en employant ce remède" Au début, Perrine ne voulut pas "prendre ces colimassons à cause du dégoue qu'elle en avait" puis se décida "trois ou quatre par jour il fallait couper les colimassons par petits morceux qu'elle roulaient dans le sucre écrasé..."
Elle découvrit ses pieds enflés, puis désenflés; "fin d'octobre cet enflure est venue elle ne l'a pas quittée elle ogmentait toujours" jusqu'aux genoux, le cuisses, les mains. N'a plus la force de monter dans sa chambre ...
Boutons dans la gorge, la bouche et la langue "voila des boutons qui m'étranglerons je ne peut plus rien avaler" Font venir "la femme à notre cousin Leroy" qui savait faire passer les chancres. Puis le docteur Dufour : une bouteille de mixture suivant sa formule ou Loch Blanc et du "beaume tranquil" pour l'enflure. Demande à Simon Maurice, berger, pour faire passer le chancre.
Derniers moments avec sa famille.

Perrine a essayé de nombreuses médications :

"... des colimassons en lui disant qu'elle avait vu une personne attaquée de la poitrine en employant ce remède" Au début, Perrine ne voulut pas "prendre ces colimassons à cause du dégoue qu'elle en avait" puis se décida "trois ou quatre par jour il fallait couper les colimassons par petits morceaux qu'elle roulaient dans le sucre écrasé..."

Tussilage Teneur et vertus : Les fleurs et les feuilles du tussilage contiennent du mucilage, de la vitamine C, des sels minéraux et du tanin. Elles sont adoucissantes, expectorantes, anti-inflammatoires et stimulantes. Leurs vertus sont mises à profit depuis l'antiquité pour soulager la toux et l'inflammation des muqueuses.

".. un cotaire avec la pâte de Vienne au dessous de l'aisselle droite, un autre dans quinze jours à la même place du côté gauche... "elle a beaucoup souffert en lui établissant des deux petits cotaires ... brûlait la chair et faisait une plaie de suite".
Cautère : Ulcération artificielle que l’on provoque à l’aide d’un caustique pour entretenir la suppuration.
Pâte de Vienne extrait de la thèse vétérinaire de Marc Antoine Duval Nantes 2002 : utilisation des feux et vésicatoires en pratique vétérinaire équine traditionnelle française :
"La poudre de Vienne est un mélange à parties égales de potasse caustique et de chaux vive. La pâte de Vienne est quant à elle préparée en utilisant de la poudre mélangée à de l'alcool à 90°. Son action est prompte, énergique et dépasse ordinairement de quelques millimètres de la surface couverte."

"la femme à notre cousin Leroy" qui savait faire passer les chancres pourrait être :
Marie Angélique Gibert 1798/1880, épouse de Louis Denis Victor Leroy 1791/1862
ou Catherine Alexandrine Allely 1800/1843, épouse de Nicolas Denis Auguste Leroy 1797/1860
Les époux étaient tous deux fils de Denis leroy, charretier, qui épousa le 20 janvier 1782 Marie Louise Sophie Pilliot, fille de Louis Pilliot II et de Marie Jeanne Cordelier.
Des deux cousines, je penche pour Catherine Alexandrine Allely, fille d'un maçon de l'Indre Pierre Alely décédé à Melun le 27 floréal an XII 5 Mi 6016 p 244, 51 ans, né à "Gurande" : Aigurande. Le Berry était réputé être terre de sorciers ! Même réputaion pour les bergers : Demande à Simon Maurice, berger, pour faire passer le chancre.

 

Recette pour couper la fièvre
Recette pour faire passer ou couper la fièvre. Il faut pour couper la fièvre en trois jours differant et commencer le jour que la fièvre vous prend, vous prenez une demi bouteille de vin blanc vieux, plus cinq gros de quinquina, plus cinq gros de mielle de narbonne, plus cinq gros de sirop d'escapilaire, il faut mettre tout cela ensemble dans un vasse avec la demi bouteille de vin blanc vieux, bien écraser le tout ensemble, puis le remettre dans une bouteille, et en prendre le tier le jour que la fièvre vous prend, sans vous coucher, le tier le 2e jour, et l'autre tier le 3e jour, et la fièvre doit disparître.
Cette recette vient d'un 1er médecin de Paris. A Marolles le 22 septembre 1834.

Version de Louis Pierre Pilliot : "Manière de couper la fièvre"
Il faut mettre dans une demi boutelle de bon vin blanc
1° trois gros de kinquinat
2° trois gros de mielle de Barbonne
3° trois gros de sirot de capulaire
Le tout étant affusé ensemble prendre cette décotion par ver un heure avant que la fièvre ne vous prenne on s'en trouve soulagé de suite.

Entre cette recette anonyme et celle rédigée le 13 juillet 1846 par Louis Pierre, on trouve bien des différences : les lettres ne sont pas formées de la même manière, l'orthographe est beaucoup plus approximative dans la 2° version :
boutelle pour bouteille, kinquinat pour quinquina, Barbonne pour Narbonne. On constate aussi quelques différences dans la posologie : au lieu de s'étaler sur trois jours, le remède doit être pris au verre "une heure avant que la fièvre vous prenne" (!) avec des proportions un peu différentes (3 gros au lieu de 5).
Qui fut le rédacteur de cette première version? Louis III étant décédé en 1827 n'est pas compatible avec la date 1834 inscrite de la même main.

Le journal a été rédigé en partie à partir des premières pages pour les événements familiaux, mais aussi à partir des dernières, pour des documents divers, par Louis III, puis Louis Pierre qui utilisa les espace vierges pour des notes, mais aussi des brouillons et des essais de graphie. Sa fille Aspasie y mit aussi son petit grain de sel. D'où cette recette à la page 125 et sa copie par Louis Pierre p 23

Diverses valeur du "gros" : Le gros est une ancienne unité de masse, valant 1728 primes. Il vaut également 3 deniers ou un huitième de l'once ou bien encore 1/64 livres, c'est-à-dire environ 3,8 grammes. Dans le système des apothicaires, il vaut également trois scrupules, soit 3 × 24 grains. Le demi-gros fait donc 36 grains, c'est-à-dire un peu moins de deux grammes. Wiki

Miel de Barbonne : miel de Narbonne Le terme "miel de Narbonne" remonte au Moyen-Âge, il s'agit d'un miel de garrigue récolté le jour de la Saint-Jean (24 juin). Cette date correspond à la fin du miel de printemps. Par la suite, il fait généralement trop sec dans cette région pour faire du miel. Wiki

Sirop de capulaire : sirop de capillaire : "Vous prendrez ce sirop de capillaire en cas de toux, bronchite, catarrhe des voies respiratoires… dès lors que vous avez une affection de poitrine, chronique ou récente.." Rustica

Manière d'arreter la diarée
Faire bouillir des choux, jetter l'eau du premier boullion, puis remettre d'autre, faire cuire les choux avec cette dernière eau. Boire cette tisane en eau de chou, cela doit vous arreter la diarée de suite.

 

 


les Pilliot une lignée de maîtres d'école

   Courrier

  Page d'accueil du site