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Etienne Fare Charles Huvier/26
curé de la Chapelle Rablais 1752/1759
Un nouveau maître d'école/2

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Le 17 septembre 1752 : "NOUS soussignés sindic, marguillliers, corps et communeauté d'habitans la paroisse de la chapelle arablay dioceze de Sens assembles en grand nombre au son de la cloche en la maniere accoutumée à l'issue de la messe paroissiale apres avoir été dument avertis de l'assemblée et du motif d'icelle au prône de ladite messe paroissiale par Mre Etienne Fare Charles Huvier prêtre du dioceze de meaux curé de ladite paroisse, ledit Sr Huvier président ladite assemblée jean Sonnette s'étant présenté pour remplir les fonctions de mtr décolle clerc paroissial, tous d'un commun accord et voix unanime avons consenti et consentons que luy et ses successeurs jouissent du revenu annuele que nous avons accordé à un mtre décolle clerc paroissial par nôtre acte de delliberation d'assembléé en datte du seize juilliet de la présente annéé."

 

Les lacunes de cette page fort endommagée ont été comblées pour en améliorer la compréhension, à partir d'autres actes semblables, eux aussi tirés des notes du curé Huvier dans le registre paroissial de la Chapelle Rablais; le recueil authentique des actes d'assemblées de la paroisse n'ayant pas été conservé. Registre paroissial en mairie.

Etienne Huvier précisa: "jean Sonnette de Coulomiers en Brie" d'où était aussi originaire le curé.
On peut retrouver des traces du candidat à partir du mariage dans la Marne en 1757 de Marin, cordonnier, fils de Jean Sonnette, maître d'école résidant à Coulommiers, et de feue Marie Baleu. Le père n'avait pas fait le déplacement d'une soixantaine de kilomètres, mais donné son autorisation écrite. Jean Sonnette se remaria moins d'un mois après son entrevue à la Chapelle Rablais.

Mariage de Marin Sonnette AD 51 2 E 454/3 p 53
Premier mariage de J. Sonnette 4 février 1720 AD77 Coulommiers 5 Mi 2255
Second mariage de J. Sonnette AD77 Coulommierz 5 Mi 2261 p 146

L'encre diluée rend l'acte de remariage du 12 octobre 1752 peu lisible. On reconnaît cependant que Jean Sonnette était alors âgé de plus de cinquante ans, qu'il était bien veuf de Marie Baleu, qu'il épousait Françoise de la Bussière, veuve de Jacques Raoul, et qu'il résidait à Coulommiers. Sur cet acte, le clerc avait noté qu'il était maître d'école, sans en préciser la localisation; il n'employa pas la formule courante "maître d'école à...", car les clercs, souvent maîtres d'école eux-mêmes, n'hésitaient pas à honorer leurs collègues. On peut donc supposer que le maître d'école n'avait pas d'affectation en cet automne 1752 et qu'il avait pu répondre à la proposition des paroissiens de la Chapelle Rablais.

"En consequence dudit acte jean Sonnette de Coulomiers en Brie sest présenté et à été reçeu par acte dont sensuit la teneur; mais il n'a pas exercé les fonctions, n'ayant pu se déterminer à résider dans un lieu si éloigné de sa patrie..." ajouta le curé Huvier. Ce ne fut pas la seule raison du refus de maître de Coulommiers, car le curé complèta : "ayant été insulté avec brutalité par un nommé Nicolas Légé charretier de profession qui aspiroit à remplir la place et qui pour une infinité (grosse lacune) ..oit pas capable"

Doc : Traces de Jean Sonnette

Où l'on retrouve Nicolas Légé, maître des petites écoles et clerc paroissial au temps du curé Bureau, méprisé et renvoyé par Etienne Huvier : "Les habitans de cette paroisse qui depuis un temps très considérable étoient privés d'education faute d'avoir maître d'ecolles... n'y avoit point de mtre décolle depuis plus de .. ans"
Ledit Nicolas Légé ne semblait pas avoir digéré ce renvoi ! Nicolas Légé, que le nouveau curé qualifia de charretier en septembre 1752, n'était plus que manouvrier en octobre quand Etienne Huvier baptisa son fils Jean Nicolas.
8 octobre 1752 AD77 5 Mi 2828

Doc : Traces de Nicolas Légé

 

Une nouvelle assemblée eut lieu le 29° 8bre (comprendre octobre) de la même année. Etienne Huvier y présenta un nouveau candidat, Louis Guinand : "Ledit Loüis Guinand étoit agé d'environ vingt trois ans natif de la paroisse de Marolles en Brie dioceze de meaux près coulomier, dans laquelle paroisse je demeurois avent ma résidence en celle cy." Etienne Huvier retranscrit l'acte d'assemblée sur une page qui ne fut pas épargnée par le temps, mais nous permet, au moins, de connaître les noms des participants, en commençant par les deux marguilliers, le syndic, les fermiers, suivis des manouvriers et des artisans, et leurs rares signatures. A retrouver dans la copie intégrale des actes cités et les documents annexes.

Doc : Transcription des actes d'assemblée pour un nouveau maître
Doc : présence aux assemblées, liste des noms, métiers, fonctions...
Doc : les signatures relevées dans les actes d'assemblée

 

Jean Sonnette était domicilié à Coulommiers, ville de naissance du curé. On ignore quelles furent leurs relations avant que le curé de la Chapelle Rablais essaie de recruter le maître d'école dans sa nouvelle paroisse. Par contre, il est certain qu'Etienne Huvier et Louis Guinand se connaissaient bien. Leurs deux signatures figurent, le 23 novembre 1750, en bas de l'acte de mariage de Catherine Allaix avec Nicolas Guinand, manouvrier aux Morils, paroisse de Marolles, "seindic de cette paroisse" en 1752, et cependant incapable d'écrire et de signer. Même s'il n'avaient pas eu l'occasion de participer à la même cérémonie, comment s'ignorer dans une si petite paroisse ? Quarante cinq feux, cent quarante communiants avant la Révolution, seulement 346 habitants en 1829.

Loüis Guinand (ne pas oublier le tréma) était fils de Loüis Guinand, décédé en 1740 à l'âge de trente sept ans, aubergiste à Marolles. Les "cabarets" ne manquaient pas dans ce petit village, pas plus qu'à la Chapelle Rablais comme on le verra plus loin. Cette carte postale ancienne en montre deux côte à côte, l'un d'eux (ou un autre encore) avait-il été l'auberge de Louis Guinand? Sa veuve, Catherine Françoise Gobinot reprit l'auberge avec son nouvel époux. Louis fils ne pouvait succéder à son père, il choisit l'enseignement, ayant, espérons-le, profité des leçons du maître "Loüis Pilliot".

Louis Guinand, clerc paroissial, signa pour la première fois dans le registre paroissial de la Chapelle Rablais le 6 décembre 1752. Un peu plus d'un an plus tard, le 5 février 1754, il épousa "Denize Gibert fille mineure de feu Jean Gibert fermier de la Grande Cour et de feue Marguerite Rondinet". Etienne Huvier commit une petite erreur en rédigeant l'acte de mariage : le défunt père de l'épouse tenait la ferme des Moyeux, alors appelée la Petite Cour, la Grande Cour correspondant à l'ancien château. Denise n'était ni la fille d'un notable, ni celle d'un manouvrier, mais vivait dans une famille assez aisée.

Doc : l'ancien château des Moyeux, 10° page du dossier sur les maçons de la Creuse en Brie

Les seules traces laissées par Louis Guinand à la Chapelle Rablais figurent dans les registres paroissiaux; clerc paroissial, il y signait fréquemment. On trouve aussi les actes de son mariage et la brève existence des enfants du couple. Antoine Louis Fare (noter le prénom Fare en hommage au curé) ne vécut que du 24 juillet 1755 au 25 août suivant. Denyse Louise Thérèse vécut dix sept mois, entre le 25 mai 1761 et le 21 octobre 1762. Parrains et marraines faisaient partie de la famille de l'épouse, Gibert, ou de celle du laboureur de la ferme disparue de la Truchonnerie, Philippe Antoine Fadin. Une petite Marie Louise Denise vit le jour en 1767, Louis Guinand et Denise Gibert ayant quitté la Chapelle Rablais. Marie Louise eut la chance de passer le cap de l'enfance et se maria en 1786.

Il semblerait que Louis Guinand ait hébergé sa soeur à la Chapelle Rablais, où elle serait restée après le départ de son frère. Fille majeure, sans plus de précisions, entre 1763 et 1764, elle a été choisie trois fois comme marraine. En 1765, elle retourna à Marolles pour prendre époux. Bien qu'il ait existé à la même époque deux Marie Catherine Guinand, il s'agissait bien à la Chapelle Rablais, comme à Marolles, de la soeur du maître d'école, reconnaissable à sa signature maladroite.

On ne saura rien, non plus, de ses activités de maître d'école, sonneur et autres multiples activités, pas plus que, pour la dynastie des maîtres Pilliot, à Marolles, qui n'a laissé, comme témoignages de leur activité de maîtres pendant plus d'un siècle, qu'une recette pour faire de l'encre et un reçu pour d'anciens testaments pouvant servir de support à leur enseignement.
Des recherches par un descendant sur un maître des petites écoles de Courtacon, village très proche de Cerneux où officiera le curé Huvier, exactement contemporain de Louis Guinand, font apparaître l'ascension sociale d'un fils de manouvrier, mais ne révèlent rien non plus sur sa pratique de la classe.

Lien externe : Jean Bié maître d'école à Courtacon
Quatre pages sur les maîtres Pilliot à Marolles

 

 

Il avait été accordé au maître à venir "qu'il puisse avoir deux vaches et faire par saison quatre arpents de terre soit qu'il les ait en propre, à loyer ou autre." On ne trouve aucune trace d'un acte d'achat ou de location de terre (ou même de vache, ce qui se faisait aussi.) Rien chez les particuliers, ni auprès de la Fabrique, aux renouvellement des baux. On en trouve, par contre, souscrits par le curé : "1753 : Nicolas LeBel, fermier de Putemuse, marguillier Premièrement le demy arpent appelé le prez des Clos délivré au sieur Huvier curé de ladite parroisse moyennant la somme de cent sols et a signé. Plus le demy quartier assis audit lieu délivré audit sieur Huvier moyennant la somme de cent sols et a signé. Plus les trois quartiers de prez assis aux Marres de la Borde délivrés audit sieur Huvier moyennant la somme de trente livres dix sols et a signé... 1757 : bail des prez de la Chapelle Rablay Plus le demy arpent de prez à partager avec le fermier des Molinots situé au pré Piolot délivré à Jean Baugrand fermier demeurant au Mez Larchevêque susditte parroisse moyennant la somme de quinze livres et a signé."
Jacques Gibert, frère de l'épouse de "Denize", prit des terres de la Fabrique en location; la mère de "Denize" resta fermière de la Petite Cour, après le décès de son premier époux. Il est probable que Louis Guinand n'eut pas à cultiver lui-même la terre, la famille de son épouse pouvait l'en dispenser.

 

 

 

Quand il est arrivé à la Chapelle Rablais, en 1752, Louis Guinand était déjà âgé de vingt trois ans. Il avait dû pratiquer une activité avant de solliciter le poste de maître d'école. Peut être l'était-il avant de rejoindre la Chapelle Rablais. Un sondage rapide dans les paroisses proches de Marolles n'a pas révélé la présence du jeune homme qui aurait signé comme clerc paroissial. Peut être aidait-il sa mère à l'auberge?

Quand Etienne Fare Charles Huvier quitta la paroisse en 1759, le maître d'école resta encore quelques années. On le retrouve ensuite à Gastins à partir du 12 décembre 1762 jusqu'en 1766. Le hasard d'une recherche sur le décès d'un voiturier en bois thiérachien à l'auberge de la veuve Carré me le fit découvrir à Machault. Sa présence fut signalée dès le 17 avril 1766. Il y finira ses jours le 11 mai 1806, sa veuve lui survivra jusqu'en 1813.

Dossier : les voituriers thiérachiens dans les forêts de Brie / 31 pages

Dans sa monographie en 1889, l'instituteur de Machault indique :
"l'instituteur, M. Guinand paraît avoir cessé ses fonctions en 1789. Devenu plus tard officier public et chargé en cette qualité de la rédaction des actes de l'Etat civil, ce dernier consignait dans les registres attendu qu'il n'existait pas de mairie, que les extraits des actes de publication des mariages étaient affichés en face de l'arbre de la Liberté et que les mariages étaient célébrés dans la demeure de l'officier public..." AD 77 30 Z 240
Et le maître du XIX° siècle ajouta un paragraphe d'où l'instituteur ne sort pas grandi :

La profession de marchand de vin cabaretier qui paraît aujourd'hui si peu en harmonie avec les fonctions d'instituteur y a été jointe à Machault pendant fort longtemps. Des personnes dignes de foi m'on assuré que pendant les premières années de ce siècle la femme du maître d'école tenait un débit de liqueurs et servait de l'eau de vie aux pères de famille pendant que dans la pièce voisine, son mari enseignait les enfants, leur prêchait la tempérance et la sobriété et s'efforçait de leur faire comprendre combien la gourmandise et l'ivrognerie sont des passions basses et honteuses qui dégradent l'homme et souvent le font descendre au niveau de la brute et quelquefois plus bas encore.
A certains jours, il aurait sans doute pu, en ouvrant une porte, donner la preuve de ce qu'il avançait et joindre l'exemple au précepte... De 1766 à 1789, le logement de l'instituteur se composait de trois pièces en enfilade, ne recevant le jour que du levant. Dans la première était installé le fameux débit de liqueurs, la seconde, carrée de 4 m de côté sur 3 m de hauteur était consacrée à la classe, enfin la 3° servait de chambre à coucher à la famille.
Ce local était la propriété de l'instituteur, M. Guinand

 

A la Chapelle Rablais, les "cabarets" pullulaient tant dans le village qu'aux Montils, quand trois verres et un litron sur le coin d'une table ainsi qu'un "bouchon", simple fagot accroché en façade, suffisaient à créer un débit de boissons comme on le voyait encore au café Garmont des Montils (ci-dessus).
Les "cabarets" étaient tellement nombreux que le préfet s'en émut en 1851, demandant à la municipalité de modifier la porte de sortie de l'école car les enfants devaient "passer devant ces cabarets dont la maison d'école est entourée, l'un étant à côté, l'autre à environ 10 mètres de distance et le troisième à environ 20 mètres de la maison d'école". Réponse du Conseil municipal : “...attendu d’ailleurs que ces maisons de débits de vin ne doivent point être assimilées aux cabarets de ville, les débitants ne vendant presque pas deux bouteilles de vin en semaine, ces cabarets n’étant fréquentés que les jours fériés, jours que les enfants ne vont point à l’école; qu’en outre, il existe beaucoup de localités où la maison d’école est entourée de cabarets et qu’il n’a jamais été question d’un changement à l’entrée de la maison d’école de la commune. Les membres du Conseil municipal ont de plus observé à M le Maire que la porte d’entrée actuelle de l’école ne pouvait être entièrement supprimée, la salle de la classe servant de mairie elle ne pouvait être interdite que pour les élèves et qu’elle ne serait ouverte que les jours de réunion et de célébration des mariages." Mais, sur un petit brouillon, le secrétaire établit l'état véritable de ce qui se consommait effectivement dans les cinq débits de boisson de la commune: Tancelin, Garmond, veuve Charron, Lepanot, Million, soit 840 litres de vin, 110 litres de cidre, 65 bouteilles d'eau de vie et 16 de liqueur pour environ 500 habitants.
Registre des délibérations su Conseil municipal

Au XVIII° siècle, tous les lieux un peu secs et pentus étaient plantés de vigne : la Chapelle Gauthier, Fontenailles, Machault dont les vignobles étaient réputés... On en trouvait même un à la Chapelle Rablais, au sol argileux et plat: la vigne profitait d'un affleurement de sable et de grès, non loin de l'actuelle salle des fêtes. Sa piquette devait justifier l’opinion de Boileau:" Je consens de bon coeur, Pour punir ma folie, Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie" Les Satires III

 


Ajoutons que le curé Huvier n'était pas indifférent au vin qui faisait d'abord partie du rituel, assimilé au sang du Christ : "
Sur la fin de décembre 1767 et dans le courant de janvier 1768 la nege à été des plus abondante et le froid des plus cuisant... Le prétieux sang s'est trouvé bien des fois gelé presque constament dans le calice, malgré une chaufrette pleine de braise allumée que j'avois sur l'autel pendent la messe."
A Cerneux, il releva les prix du vin, comme ceux du blé : "En la présente année 1763 les vins ont été assez abondans mais d'une très mauvaise qualité et néanmoins fort chers. Les vins vieux même de Villenauxe (la Grande) et aux environs valloient jusqu'à quatre vingt livres la queue et ceux des Rices (Riceys) quarante écus la pièce et même plus cher vin ordinaire." Notons que ses références étaient puisées dans les bons crus de l'époque.

Lien externe : témoignages des curés de Seine et Marne sur la météo et ses conséquences

Le bail des dîmes de Cerneux donna lieu à deux actes chez le notaire Judas à Beton Bazoches. Le 21 décembre 1767 : "onze cent livres en argent, cent cinquante boisseaux de bled froment ... à la mesure et au boisseau de Provins et pareille quantité de cent cinquante boisseau d'avoine... en outre six paires de chapons gras vifs et en plume.. au tems intermédiaire de la Saint Martin aux Rois... (plus un petit cochon et un agneau, et la présentation d'un gâteau pour la St Brice)... Le lendemain, 22 décembre le fermier Mattelin se voit en plus réclamer "soixante livres de bon beurre ... cinquante boisseaux de hottons revanné comble et douze boisseaux de vosses à la même mesure ... deux voyages à Provins avec quatre chevaux et leur charette... quatre cordes de gros bois, un cent de fagots, un cent de bourée et deux cordes de bois à charbon, de fournir quatre cents d'oeufs de poulles..." Et, revenons au vin : "de charier dans le presbitère de Cerneux cinq pièces de vin de Vindé, Sézanne ou Barbonne au choix dudit curé bailleur et pareille quantité de Montgenost près de Villenauxe... sans aucun frais de la part dudit sr bailleur qui ne fournira de dépense que dix ou vingt sols au choix dudit bailleur à chaque voyage de Provins (# et Montgenost) et pour ceux de Sézanne Vindé ou Barbonne un (tache) de trois livres..."
Minutes du notaire Judas à Beton Bazoches 254 E 28

 

La "pièce" correspondait à 288 bouteilles, soit 24 caisses de 12 bouteilles. Si le curé a fait livrer "cinq pièces de vin de Vindé, Sézanne ou Barbonne... et pareille quantité de Montgenost près de Villenauxe", soit 10 pièces de vin correspondant chacune à 288 bouteilles, il aurait fait entrer dans les caves du presbytère la valeur de 2.880 bouteilles. Ramenons à la durée du bail, 6 ou 9 ans, cela ne représente qu'à peu près une bouteille par jour, ce qui est raisonnable, d'autant que le vin servait parfois de pourboire : "pour ne pas faire murmurer les chantres, je me suis déterminé à leur faire porter dans la sacristie le jour de St Marc et les trois jours de Rogations, chaque jour la moitiée du pain et trois bouteilles de vin"
Note dans le registre de Cerneux, non datée, après 1759
Comme le nombre impressionnant de bouteilles aurait pu le faire penser, on ne retrouvera pas Etienne Fare Charles Huvier dans les vignes du seigneur

 

Une fois encore, nous voici fort éloignés du point de départ, l'embauche d'un maître d''école dans une petite paroisse de campagne, au XVIII° siècle. A la page suivante, nous essaierons de revenir au plus près de la vie de ce prêtre, du moins, nous essaierons !