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Etienne Fare Charles
Huvier/26 |
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Le dossier le plus important qu'eut à
gérer le nouveau curé dans les premiers mois qui suivirent son
arrivée à la Chapelle Rablais en 1752 fut celui de l'embauche
d'un nouveau maître d'école.
Les diverses attributions d'un maître d'école au XVIII° siècle ont été longuement évoquées à propos de la famille Pilliot, quand Etienne Huvier était vicaire de Marolles en Brie. C'est pourquoi je me contenterai de ne signaler, dans cette page, que les particularités de l'embauche du maître d'école de la Chapelle Rablais en 1752.
Le 16 juillet 1752, à la Chapelle Rablais, l'assemblée des habitants, présidée par le curé Huvier, établit une liste de ce qui était demandé au postulant: (certaines lacunes ont été complétées pour améliorer la compréhension) "1° de faire l'ecolle aux
enfans le lendemain de la commémoration des morts jusq'au premier juilliet
même depuis le mois d'octobre jusq'au premier d'aoust s'il se présente
des enfans en assez grand nombre y
donner une occupation suffissante . |
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4° De Sonner langelus trois fois le jour, le matin, à midy et le soir; sçavoir en été le matin à quatre heures et le soir à huit heures; dans l'hyver depuis le premier octobre jusqu'à Pâques à six heures le matin et le soir à sept heures. 5° De Sonner le jour et la nuinct lorsqu'il tonne, (quand même il n'auroit pas la charge de sonneur) environ pendant l'espace d'une demie heure, amoins qu'il ne se présente quelqu'un pour luy aider à sonner, auquel cas il sera obligé de sonner et faire sonner autant de temps qu'il sera nècessaire, sans neanmoins qu'il soit dans l'obligation de faire aucun dèboursé à cet à l'exception de la quête qu'on est dans l'usage de faire, laquelle quête il partagera suivant ... ceux qu'il aura choisi pour luy aider. 6°... de ballayer l'église au moins deux fois le mois et les veilles des grandes fêtes. " |
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Ci-dessus, dans "les instituteurs", numéro spécial
de l'Assiette au Beurre du 20 juin 1903, les humoristes ont mis en parallèle
les tâches d'un maître de l'ancien régime et celles d'un
insituteur du début XX° siècle, pas mieux payé,
pas mieux considéré. L'éternel maître Jacques
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Le son puissant des cloches était censé ébranler l'air jusqu'à atteindre les nuages d'orage, comme le canon à grêle, à l'efficacité contestée, pour chasser la foudre. Des inscriptions sur des cloches montrent qu'elles étaient destinées à commander aux éléments déchaînés : "fulgura pello, fulgura frango, "fulgura compello, nimbum fugo, impetusque tempestatum pello" Plus encore, une cloche fondue dans la deuxième
moitié du XIX° siècle porte encore la mention "daemones
fugo", je fais fuir les démons, car ... |
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Etienne Fare Charles Huvier avait compris que, pour attirer un maître qui ne partirait pas au bout de la première année, il fallait lui proposer des conditions avantageuses. S'il pouvait proposer des candidats, il n'était pas du ressort du curé d'en fixer les émoluments qui seraient payés par la collectivité. C'est pourquoi Etienne Huvier convoqua plusieurs assemblées d'habitants avant d'installer un nouveau maître d'école : "Les habitans de cette paroisse qui depuis un temps très considérable étoient privés d'education faute d'avoir ... maître d'ecolles, après bien des difficultés se sont enfin déterminés à faire l'acte de delliberation inscrit sur la septieme et autres pages suivantes du présent registre." (Le registre des délibérations des assemblées de 1752 n'a pas été conservé, et on n'en trouve pas minute chez un notaire car on s'était dispensé d'un tabellion, mais le curé Huvier avait fait une copie des actes, datée du 25 janvier 1753, dans les pages vierges du registre paroissial). Plusieurs assemblées furent nécessaires,
à partir du 26 juillet 1752, avant que les paroissiens s'accordent
sur la rétribution du maître et que des candidats leur soient
présentés. Certaines réunions furent houleuses, d'autres
se terminèrent dans l'enthousiame, s'il faut en croire leur relation
par le curé Huvier : "Dans le commencement
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Il était prévu que tous les foyers de la paroisse participent au salaire. "Chaque laboureur en l'étendue de ladite paroisse donnera par chacune charue anuelement à un m.tre d'écolle trois quarts de bled froment". Les manouvriers, ne disposant pas de surplus de céréales, s'engageaient à verser une petite somme d'argent, vingt cinq sols par an et par famille; blé ou monnaie à verser pour la Saint Rémy, le premier octobre. Le 29 octobre 1752, eut lieu une assemblée
houleuse où "Antoine Rondinet
mon voisin, homme prudent et sage... s'opposat au nom de tous les manouvriers.
nous consentirons, disoit-il, à donner vingt cinq sols, pourveu
que les laboureurs donnent par charue trois quarts de bled, c'est à
dire un Bichet et demie mesure de nangis." |
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A noter que le cas de certains habitants n'est pas mentionné, comme sur d'autres contrats : à Cerneux en 1785 : "Plus par ceux qui exerce métier (artisans) vingt sols; Plus luy sera payé par chaque veuve cinq sols" A Villeneuve les Bordes en 1790 : "les femmes veuves dix sous par an, et dans le cas où lesdits particuliers viendraient à quitter la paroisse ou bien à mourir, ceux qui les remplaceraient dans leurs biens payeront les mêmes sommes auxquelles étaient imposés les absents ou morts "
"Non compris les salaires de chaque mois pour l'instruction des enfans" payés par les familles des enfants scolarisés. Le tarif de l'écolage n'était pas mentionné. Les contrats des maîtres d'école de Cerneux et de Villeneuve les Bordes le précisaient : "Plus pour la rétribution des enfans qui iront à l'école cinq sols par mois; pour lesdits enfans qui apprendront à lire à écrire et à calculé dix sols." "six sous par mois pour ceux qui écriront et quinze sous pour ceux qui apprendront l'arithmétique." L'assemblée proposait aussi d'exempter le maître de l'impôt de la taille, réparti entre tous les foyers de la commune : "Q'autant qu'il est en notre pouvoir nous consentons par le présent acte de delliberation qu'il ne soit point imposé à la taille pour sa cotte personnelle" Dans le rôle de taille et capitation de l'élection de Provins, en 1760, si les curés et les châtelains étaient dispensés, les maîtres d'école de toutes les paroisses (dont Cerneux) étaient cotés d'office pour trois livres. (J'ai cherché en vain le rôle de la Chapelle Rablais.) AD77 41 C 34
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"Il est quasiment impossible de vivre uniquement
du métier d'enseignant et d'assurer une vie de famille."
Nos ancêtres vie et métier n°19 |
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Le maître devait trouver une maison pour son logement, et y accueillir les élèves car la communauté ne disposait d'aucun autre local que l'église, que le curé réservait au service religieux : "... se loger à ses frais et dépens... et pour luy faciliter le loyer du payement de la maison nous consentons aussy qu'il jouisse de l'herbe et des fruicts qui peuvent croître dans le cimetière, à condition néamoins que s'il n'a pas à exercer les fonctions de sonneur et de fossoyeur il sera tenu de partager laditte herbe fruicts avec celuy qui aura la charge se sonner et de fossoyer." A Marolles, les maîtres Pilliot accueillaient les élèves à leur domicile, puis, quand l'effectif fut trop important, dans un bâtiment leur appartenant et ce, jusqu'en 1841.
A la page suivante, nous découvrirons les candidats présentés par le curé Huvier, provanant de paroisses qu'il connaissait bien, les mésaventures du premier, la sélection du second...
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