Etienne Fare Charles
Huvier/19 |
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La principale source de revenus des maîtres Pilliot est révélée dans une nouvelle convention avec les laboureurs, le 22 décembre 1771, qui sembla tellement bénéfique à Louis II qu'il les invita pour un souper plus que copieux, et fort coûteux : "Le 15° novembre 1772 Le soupé des laboureurs / 1° une paire de poulle d'Inde de 3 livres 6 sols / 2° six livres de porcq en tourte 2 livres 2 sols / 3° plus six livres de porcq pour rotir à 7 sols la liv. 2 livres 2 sols / 4° plus une bouteille d'eaux de vie 1 livre 7 sols / 5° plus une livres de chandelle de 12 sols / 6° plus de la salade pour 1 sol / 7° plus de l'huille d'olive pour 11 sols /Et on a fait la tarte / total 11 livres 7 sol " (soit l'équivalent du paiement annuel de quinze manouvriers).
Il faut avouer que le boisseau par charrue
dû par les laboureurs ne représentait pas grand chose,
tant en quantité de blé qu'en numéraire. On peut
calculer la valeur d'un boisseau en se basant sur l'édit royal
du 13 mai 1768 recopié par le curé Huvier, donnant les
valeurs en blé comme en numéraire de la portion congrue
des curés et vicaires. "La
portion congrue des curés & vicaires perpétuels, tant
ceux qui font établis, à présent, que ceux qui
pourroient l'étre à l'avenir, sera fixée à
perpétuité à la valeur en argent de vingt-cinq
septiers de blé froment, mesure de Paris... La valeur en argent
desdites portions congrues, sera & demeurera fixée, quant-à-présent;
savoir, celle desdits curés & vicaires perpétuels
à cinq cent livres.." (Un
vicaire ne devant percevoir que 10 setiers ou 200 livres). Note
du curé Huvier dans le registre de Cerneux
Le 22 décembre 1771 se tint une assemblée des laboureurs concernant la rétribution du maître d'école. Ils continuaient à lui fournir des boisseaux de blé, ainsi qu'il en est fait mention dans le journal : "Mr Lefevre me doit quatre boisseaux de bled raclé pour l'année 1780 échu à la Saint Martin plus 4 autres boisseaux pour l'année 1781. Plus quatre autres boisseaux pour l'année 1782 échu à la Saint Martin."
Il s'engageaient aussi à effectuer des travaux gratuits sur les terres du maître d'école : "A commancer aux premier jour du mois de mars de l'année 1772 les laboureurs de Marolles se sont obligés par un acte d'assemblée tenue le dimanche 22 décembre 1771, de labourer gratis 3 à 4 arpent de terre à moy par solle et me charier aussy gratis tous mes foins bled, et avoine, à la charge que je feray lecolle jusque au mois de juin exclusivement et enseigner les enfans desdits laboureur gratis." Ce nouvel arrangement valait bien "deux poules d'indes" et une douzaine de livres de "porcq" ! On y découvre aussi que les revenus de Louis Pilliot provenaient bien plus de ses activités d'agriculteur que de celles de maîtres d'école. Une image d'Epinal, la Loterie des métiers, compare plaisamment les degrés de fortune de l'un comme de l'autre.
Dans les contrats d'autres paroisses, déjà
évoqués, de petites parcelles de terre étaient prévues
pour la rétribution des maîtres d'écoles. A Villeneuve
les Bordes, en 1790 : "... la jouissance de
(blanc) arpents de terres, d'une maison avec son jardin et d'une planche
de terre d'une contenance de (blanc) perches ou environ; l'herbe du cimetière..."
A Cerneux en 1785 : "... De plus il luy
appartiendra les herbes et fruits du cimetière à la charge
par lui de l'entretenir et de le fermer. Plus il jouira de deux arpents
de terre par saison dont jouissoit cy-devant Louis Paillard et aux mêmes
conditions." A la Chapelle Rablais 1752 :
"... nous consentons aussy qu'il jouisse de l'herbe & des fruicts qui L'herbe et les "fruicts" du cimetière
faisaient aussi partie de la dotation du maître d'école
de Marolles: "1772: Mr Lefèvre a
charrié le foin du cimetière. 1773: Mon frère a
charrié le foin du cimetière."
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S'il n'avait pas de cheval, Louis Pilliot possédait
plusieurs vaches : "nous avons mener
notre vache blanche au robin le 22 juillet 1795 an 3e / nous avons mener
notre vache brune au taureau le 26 aouts 1795 an 3e ou neuf fructidore/
notre petite vache est pleine du 8 septembre 1801 / nous avons mener notre
vache nouvelle au Robin le 2 brumaire 24 octobre 1801" (Que l'on m'excuse de mêler des archives de Louis Pilliot II (l'assemblée de laboureurs), celles de Louis Pilliot III (les vaches) et celles de Louis Pierre (l'absence de cheval), mais les archives sont lacunaires...) |
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Avant l'usage des engrais chimiques, les cultivateurs
étaient obligés de laisser reposer la terre pendant une
année de "jachère" avant de semer les "bleds",
puis, l'année suivante, les "mars". Le territoire était
divisé en trois soles. |
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Exploitant environ cinq hectares, Louis Pilliot
faisait partie de ces cultivateurs à la limite de l'indépendance
; un quart des ruraux, un autre quart possédant plus de 10 hectares,
et la moitié, moins de deux hectares devait se louer pour subsister
: ouvriers agricoles, valets de ferme, manouvriers, journaliers ... "Cordellier a labouré 30 p du bois Lamarre ... Louis Nivert ma fait en tremois le demy arpent des pré de la Croix le 20 mars 1772 Gratis... 62 gros maquets (meules) une grand voiture a quatre chevaux... Le mois de may 1773 mr Perot ma charier trois voyages de bois aux bois de Ranchien..." Les laboureurs ont rendu, gratuitement, quarante cinq services à Louis Pilliot pour les années 1772 et 1773: vingt sept labours et dix huit charrois de bois, fagots, fumier, foin, blé des "dépouilles", c'est ainsi qu'il nommait les récoltes. Le maître d'école/cultivateur a quelquefois converti la redevance d'un manouvrier (15 sols l'année) en service : "Louis Laniesse nous a fait notre chanvre en l'année 1772 ce qui fait qu'il ne payera point les 15 s. de laditte année que paye les manouvriers ... le pere Christophe a fait un bout de fossé a la terre de l'Epinette le mois de Decembre 1773, ce qui paye pour l'année 1773."
On peut imaginer la charge de travail de Louis
Pilliot pour mettre en valeur les vingt sept parcelles citées
dans l'acte de décembre 1771, sur le terroir de Marolles, mais
aussi des paroisses voisines, Amillis, Chailly, Choisy : "4°
lot 1/2 arpent de terre aux Morils; 22 perches de terre au Buisson aux
Dames à Choisy; 25 perches de terre à la vigne au Grand
Père à Choisy." d'après
le quart sur l'héritage de son père perçu par Louis
III en 1756. 279 J 3 succession Pilliot
chez le notaire Fasquel |
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Pour aider leurs parents, les enfants Pilliot
revenaient pour les moissons : |
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Grâce à leurs revenus
agricoles, les Pilliot ont évité l'état de misère
qui était le lot commun de bien des maîtres d'école
"En fait, il est quasiment impossible de vivre
uniquement du métier d'enseignant et d'assurer une vie de famille."
Nos ancêtres vie et métier n°19
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Louis Pierre put s'offrir le luxe d'une comtoise,
bien qu'il ait habité près de l'église dont il remontait
l'horloge : "L'an mil huit cent vingt neuf, le dix neuf mars
moy Louis Pierre Pilliot a achetez une pendulle que l'on nomme Contoise
faite en cuivre et assiée, araison de soixante quatre franc la pendulle,
et a garentire pendant une an entier, ladite pendulle répette les
heure et a été montée le dix neuf mars 1829 par Lalement
qui me la vendu qui est George. |
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Après ce long détour pour découvrir la lignée des Pilliot, maîtres d'école, clercs paroissiaux, greffiers de la prévôté de Marolles (et cultivateurs ! ) il est temps de reprendre le fil de la vie d'Etienne Fare Charles Huvier. Vicaire à Marolles, il deviendra curé à la Chapelle Rablais...
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